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Le paradis à Madagascar

la vie a madagascar

Le travail des enfants à Madagascar

3 Août 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Lors de mes déplacements à Madagascar j’ai pu me rendre compte souvent que les enfants en bas âge travaillaient comme des adultes. J’en ai vu qui au bord de la route cassaient des cailloux avec un marteau, d’autres qui étaient employés dans les champs pour casser les mottes de terre et d’autres encore qui tous les jours passent près de chez moi avec une machette pour aller couper un fagots de bois pour alimenter le feu qui va faire bouillir la marmite de riz.

Comme les familles malgaches se composent de nombreuses bouches à nourrir, il n’est pas rare que des enfants soient confiés dans la parenté que ce soit à une tante ou aux grands parents de l’enfant. Il est plus rare que les enfants soient confiés en dehors de la parenté. Parfois, le placement d’un enfant est perçu comme un soulagement pour les parents biologiques et une main-d’œuvre gratuite pour la famille d’accueil qui naturellement pense qu’elle est quitte en échange en fournissant le gîte et le couvert. des soins et parfois une éducation.

En ce qui concerne les jeunes filles, elles sont souvent employées dans des tâches ménagères alors que les garçons sont le plus souvent employés dans des travaux agricoles. Bien entendu selon les statistiques c’est plutôt dans le milieu rural que ce phénomène est plus important que dans les villes. Et souvent ces enfants sont confrontés à des travaux dommageables.

Plus de la moitié des enfants en bas âge qui sont confiés résident chez leurs grands-parents à la campagne pendant que leur fille travaille dans une grande ville et ne peux pas s’occuper de son enfant. Souvent les fillettes ont placées en ville dans des ménages ayant un revenu élevé pour effectuer des tâches ménagères. En ce qui concerne les garçons, ils sont plutôt placés pour effectuer des travaux agricoles. Cela peut être considéré comme de l’esclavage moderne

En ce qui concerne les plus pauvres et les plus vulnérables principalement dans la capitale, on trouve les prostituées et les ramasseurs d’ordures. Et naturellement les mendiants. Bien entendu le départ d’un enfant peut aussi être à cause d’une situation familiale dommageable lié à une situation de violence conjugale ou familiale, père alcoolique, des situations de brutalités etc.

Souvent ceux qui emploient des enfants sont intéressés par une main-d’œuvre bon marché et surtout malléable , mais quand l’enfant grandit et commence à affirmer certaines exigences, les employeurs préfèrent changer d’employé et les enfants sont alors parfois livrés à eux-mêmes et chercheront à trouver une issue à leur situation ce qui peut être la cause de travail dommageable comme la prostitution, l’esclavage moderne à l’étranger voire des travaux immoraux ou dangereux ayant parfois un rapport avec le sexe, l’alcool ou des travaux insalubres.

Pour ma part, j’ai commencé à travailler avec un salaire de misère dès l’âge de quinze ans avec un balai dans la main en tant qu’apprenti et souvent en effectuant des travaux insalubres. Mais je ne le regrette pas car cela m’a permis de partir à la retraite à partir de cinquante sept ans et demi après avoir effectué quarante deux ans et demi de travail et cela fait maintenant dix sept ans que je suis à la retraite et heureux de vivre en bonne santé physique et morale car j’ai trouvé mon paradis sur terre et je compte bien y rester en vie le plus longtemps possible.

 

 

 

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Je finirai ma vie près de Mahanoro

2 Août 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

La petite ville de Mahanoro est située à environs dix kilomètres au Nord de l’embouchure du fleuve Mangoro sur la côte-Est de Madagascar. Le district de Mahanoro est situé dans la province de Tamatave et la distance qui sépare ces deux villes est d’environs 260 kilomètres par la route.

La ville est implantée sur une large bande sableuse entre le fougueux océan Indien et les eaux saumâtres du canal des Pangalanes qui longe la côte-Est sur près de sept cents kilomètres. Ce canal est partiellement obstrué par des jacinthes d’eau et par des bancs de sable, ce qui rend la navigation impossible dans certaines zônes. Mais il y a un port à Mahanoro d’où des bateaux partent pour acheminer les marchandises plus vers le sud et parfois il faut transborder ces marchandises sur des bateaux plus petits qui ont un plus faible tirant d’eau. En effet, la route goudronnée s’arrête à un pont qui enjambe un bras du canal qui est relié une partie de l’année à l’océan car lorsqu’arrive la saison des pluies, les eaux du canal débordent et se déversent dans l’océan.

C’est une petite ville tranquille qui possède un hôtel et de nombreux bungalows pour les rares touristes qui osent s’aventurer aussi loin de la « modernité » et du confort des hôtels luxueux des grandes villes côtières de Madagascar. Il y a également des restaurants peu fréquentés qui comptent leurs clients occasionnels sur les doigts d’une main. Par contre il y a de nombreuses gargotes où on peut se restaurer à des prix défiants toute concurrence. Par exemple un café vous est servi pour moins de cinq centimes d’euro et autant pour un beignet. Mais on peut aussi manger également un vrai repas simple mais rassasiant pour moins d’un euro. Bien entendu dans les vrais restaurants où vous choisissez votre menu à la carte vous payerez entre cinq et dix euros.

Cette ville est très arborée et si elle compte cinq banques ou organismes bancaires, cela veut dire qu’il y réside également des commerçants qui brassent pas mal d’argent. Mais la plupart des commerçants qui exercent leur métier sur la place du marché sont souvent des producteurs locaux qui viennent y vendre leur marchandise tous les jours, avec une grande majorité de poissons, crevettes, crabes et autres produits de la mer ainsi que des fruits et légumes variés. Bien entendu il y a également des camions chargés de produits qui arrivent journellement déverser leurs marchandises provenant d’autres endroits de la Grande île.

Pour descendre plus au sud par la piste, il faut souvent compter sur des passages en bacs. Et quand la saison des pluies rend les pistes boueuses, on sait quand on est parti, mais on ne sait pas quand on arrivera car le véhicule, même en version tout terrain pourra être bloqué et il faudra dans ce cas faire appel à la population locale pour se sortir d’un mauvais pas, d’autant que certaines personnes « bien intentionnées » entretiendrons ces endroits en creusant des trous invisibles car couverts d’eau afin de bloquer le trafic et ainsi pouvoir « aider » contre rémunération à se sortir d’un mauvais pas. En effet, il ne faut pas perdre de vue que s’il n’y a pas beaucoup de travail cela ne veut pas dire qu’on n’a pas d’imagination pour gagner sa vie.

 

 

 

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Découpe d’un portail en tôle à la scie à métaux

27 Juillet 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Quand j’habitais encore dans la capitale de Madagascar, il m’est arrivé de voir des choses inhabituelles comme par exemple un ouvrier qui s’échinait à couper en deux un portail en tôle avec une scie à métaux. En fait, de nombreux métiers à Madagascar se réalisent encore avec les moyens du bord alors que l’Homme dans sa stupidité va chercher l’aventure sur Mars et ailleurs dans l’Univers en laissant sur le carreau des millions de personnes se débrouiller comme elles peuvent avec des moyens ridicules.

Je sais ce que c’est que de découper de la ferraille avec une scie à métaux où à chaque mouvement mal exécuté la lame de scie risque de se briser comme du verre. Et comme la tôle n’est pas vraiment un matériau très rigide, elle peut vibrer à chaque coup de scie qu’on donne et de ce fait amplifier le risque que la lame se brise.

Mais demander à un ouvrier qui gagne un ou deux euros par jour de faire le travail avec des moyens plus adaptés c’est impossible car si on gagne juste de quoi se nourrir, on ne peut pas investir dans du matériel plus performant et on se contente de fabriquer même la scie avec laquelle on va travailler.

Cela parait inconcevable de nos jours qu’on en soit réduit à travailler de la sorte mais quand les grandes puissances industrielles viennent dans les pays pauvres comme Madagascar pour y chercher à bas coût des terres rares ou autres richesses naturelles  et les revendre dans le monde entier pour en tirer le maximum, il n’est pas étonnant que les gentilés du pays soient laissés sur le carreau.

Malgré cela comme les travailleurs ne connaissent pas d’autres méthodes plus modernes, cela ne leur manque pas car ce qu’on ne connait pas, ne peut en aucun cas manquer. Je pense que la plupart des travailleurs n’ont jamais vu ou entendu parler d’une tronçonneuse d’angle ou d’un chalumeau d’oxycoupage à acétylène et quand on leur parle de découpe au laser c’est comme si on leur montrait l’étoile la plus brillante du ciel en leur demandant quel nom elle porte.

Alors que dans de nombreux pays des gens meurent à cause de la sécheresse causée par l’industrialisation et la mondialisation excessive qui provoque le réchauffement climatique et prive d’eau et de nourriture une grande partie de l’humanité. Les désertifications de zones de plus en plus étendues font migrer des populations entières et provoquent des conflits. Et pendant ce temps là des journaleux en mal de sensations vont se repaître des situations alarmantes en dénonçant les gouvernements des pays pauvres de ne rien faire alors que ce sont les pays riches qui sont responsables de cette situation.

Car pendant ce temps là, on dépense des milliards pour aller prospecter une planète totalement déserte où seul subsiste des roches et autres choses inertes. Mais après tout, l’homme est stupide et un certain Einstein l’avait déjà compris il y a longtemps car selon lui deux choses seraient infinies, à savoir l’univers et la bêtise humaine mais pour l’univers il n’en avait pas la certitude absolue.

Scie à métaux fabriquée à Madagascar avec du fer à béton

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L’art naïf à Madagascar

25 Juillet 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

En parlant d’Art naïf on pense surtout à de la peinture sur toile ou autre support mais si on prend le mot naïf dans le sens propre de sa signification, ce mot vient du latin nativus qui veut dire qui est né, qui est inné, qui est naturel. Au Canada on emploie dans certaines régions le terme Art indiscipliné car il représente l’œuvre d’un artiste selon son imagination et le plus souvent selon ses capacités à reproduire la réalité.

L’Art naïf le plus souvent réalisé par des autodidactes est en décalage avec les véritables œuvres qui traduisent le mieux la réalité. Et ceux qui réalisent ces œuvres souvent maladroitement avec des mouvements « non académiques ». Le plus souvent ces œuvres se caractérisent par le non respect de la réalité le plus souvent volontairement avec parfois des matériaux qui surprennent. Car c’est cela à mon avis qui ressort de cet art, c’est que c’est un art qui ne prend pas en compte la réalité mais qui veut surprendre par sa différence.

Cet art a parfois une ressemblance avec des dessins d’enfants ayant un caractère ingénu, Souvent ces œuvres sont réalisés par des peintres du dimanche ou par des personnes qui donnent ce qu’elles peuvent en produisant des œuvres selon leur capacité et les matériaux qui sont à leur disposition. Comme par exemple les dessins qu’on trouve dans certaines grottes ou abris sous roches qu’on appelle l’art pariétal car il est réalisé sur des parois avec de la terre, du charbon de bois etc.

Il y a également l’art primitif ou l’art premier qu’on ne peut pas vraiment comparer à l’art pariétal car l’art primitif est réalisé encore de nos jours par des personnes qui veulent représenter quelque chose mais en conservant un certain infantilisme. Parfois voulu et parfois avec une certaine « gaucherie » et une « insuffisance technique ». On pourra comparer l’art naïf aussi à un manque d’habileté ou simplement un motif décoratif qui surprend.

On pourrait dire aussi que l’art naïf est une part de l’art populaire si on n’est pas un puriste qui trouve des détails importants pour définir ces différences qui les caractérisent chacune à leur façon. Ainsi l‘art naïf pourrait se définit par un manque d’expertise conventionnelle dans la représentation d’objets réels.

Parfois des artistes qui produisent des œuvres d’art naïf procèdent avec une certaine passion en voulant créer selon leurs possibilités autant matérielles qu’imaginatives selon  leur vision sans connaissances formelles des méthodes sophistiquées. On peut aussi penser que l’art naïf est produit par des artistes étrangers à la culture des beaux arts et se contentent de puiser dans leur imagination ou dans leur vision personnelle  en essayant de reproduire d’une autre manière ce qui leur plait.

Parfois on veut personnifier un sentiment, un désir en créant une image de ce qu’on aime. Bien que n’étant pas en capacité de le reproduire de manière idéale on cherche à reproduire sa pensée d’une façon originale qui sorte de l’ordinaire.

Ainsi j’ai vu un jour cette œuvre dans un parc à Madagascar d’un artiste qui a voulu représenter la femme qu’il porte peut-être dans son cœur ou celle qu'il voudrait avoir dans son cœur.

 

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Le monde change

23 Juillet 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Alors qu’en Europe on fait venir sa viande, ses fruits et légumes de l’autre côté de la terre où on détruit les forêts et les biotopes particuliers à tour de bras pour produire toujours plus, à Madagascar on se sert encore de charrettes tirés par des zébus. Bien entendu les supermarchés ont fait leur apparition dans les grandes villes ainsi que dans la capitale et les gentilés les plus riches peuvent se payer des produits souvent venus de l’étranger et si la plupart des produits de première nécessité viennent également d’autres pays, il reste néanmoins une bonne partie de la population qui vit en autarcie et se débrouille comme elle peut pour subsister malgré le progrès qui se répand comme une traînée de poudre.

Alors qu’il y a à peine une décennie on voyait peu de voitures dans les petites villes de province, à présent il y a de plus en plus de voitures, et je ne parlerai pas des scooters, des busters des tuk-rtuks et les véhicules de transport en commun qui créent des embouteillages dans les grandes villes.

A la campagne c’est encore relativement calme si on ne prend pas en compte les tuk-tuks qui pétaradent jusque dans les villages jouxtant les petites villes. En une seule décennie il y a eu des changements et peu à peu les gentilés cherchent à améliorer leurs conditions de vie par tous les moyens à leur disposition. Souvent on commence par migrer vers les grandes villes en pensant y trouver du travail ou encore des opportunités pour s’enrichir.

D’autres dans les provinces se résignent à continuer leur train-train, en se contentant de leur mode de vie, mais en rêvant que le ciel leur apportera la chance. Ceux qui habitent le long des côtes ont au moins la chance de pouvoir aller à la pêche et ainsi avoir droit à des protéines grâce aux poissons qui accompagneront leur repas composé la plupart du temps par du riz qui souvent est importé lui aussi car rares sont encore les jeunes qui acceptent de patauger dans les rizières pour produire eux-mêmes leur ration journalière, d’autant que les conditions climatiques ne sont pas toujours favorables.

Ainsi va la vie à Madagascar alors que les pays riches s’envoient en l’air pour aller chercher d’autres planètes habitables, à Madagascar on cherche à s’en sortir par n’importe quel moyen et si les gouvernements successifs n’avaient en point de mire que l’amélioration de leurs conditions de vie personnelles jusqu’à ces derniers temps, la situation commence à changer radicalement car il suffisait d’une personne sensée au pouvoir pour essayer de changer les choses et offrir des solutions pour sortir le pays de l’ornière où il était enfoncé depuis son indépendance. Mais l’opposition voit cela d’un très mauvais œil et cherche par tous les moyens, même les plus expéditifs à reprendre leurs magouilles qui ont conduit le pays dans une situation désespérante alors que Madagascar n’a pas eu de guerres dévastatrices comme d’autres pays africains. Pourtant Madagascar qui pourrait être un des pays parmi les plus riches est resté dans la pauvreté et la dépendance car la plupart des habitants sont confinés dans leurs habitudes rurales sans aucune possibilité de s’en sortir autrement qu’en se serrant les coudes.

 

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Collecteur d’herbe ou ramasse-herbe ?

18 Juillet 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Alors que le monde entier a choisi de fabriquer des machines polluantes à souhaits qui causent le réchauffement climatique et produisent indirectement des catastrophes naturelles sans limite, j’ai choisi de revenir à une vie saine où le travail de l’homme lui rendent sa dignité. Ce n’est certainement pas, à mon humble avis, en se mettant le fondement sur une machine qui coupe et qui réduit l’herbe en bouillie en dégageant une fumée qui va se perdre dans l’atmosphère qu’on arrivera à des résultats concluants. Bien entendu, je ne prétendrais pas que ce sont les tondeuses et autres machines à couper l’herbe qui vont contribuer activement au réchauffement climatique mais j’ai décidé d’appliquer la méthode du colibri qui apporte sa goutte d’eau pour éteindre un feu de forêt.

En effet si chacun y met son grain de sel on pourra arriver à un résultat et non pas en  voulant absolument continuer à polluer de plus belles. Les déforestations, les feux de brousse, les pollutions causées du fait d’aller chercher ce qu’on mange à des milliers de kilomètres, cela engendre autant de facteurs qui contribuent à polluer la planète où nous vivons en affaiblissant nos défenses immunitaires et en faisant appel à des vaccins et autres médicaments pour pouvoir continuer à vivre de façon artificielle.

Bien entendu il est plus facile de se mettre assis sur son mini tracteur-faucheur-ramasseur d’herbe que de prendre une faucille et de couper l’herbe en prenant garde de ne pas trancher en deux un lézard ou autre petite bête qui se trouve dans son milieu naturel. Un batracien ou autre animal qui a son aire de vie dans un pré n’aura aucune chance de s’échapper quand les hélices de la machine passeront au-dessus de sa niche écologique. Alors qu’avec la faucille en étant attentif à ce qui se passe entre les brins d’herbe, on peut donner une chance à la nature.

Ainsi en exemple, j’ai embauché mon beau-frère à couper l’herbe tous les jours pour donner à manger à mon petit élevage de léporidés. Bien sûr que c’est un travail plus pénible que de se mettre sur sa tondeuse et de laisser au moteur faire le travail. Mais ayant travaillé manuellement pendant quarante deux ans et demi, j’ai éprouvé maintes fois la satisfaction d’un travail qui me donnait pleine satisfaction.

Il faut savoir qu’ici à Madagascar dans la brousse, la plupart des occupations tournent autour de la rizière car il faut nettoyer, planter, récolter tout en pataugeant dans de l’eau et de la boue à longueur de journée. Et cela sous un soleil ardent et les moustiques et autres sangsues. Donc on est satisfait quand on trouve un travail qui permet de gagner sa vie modestement mais sûrement sans les désagréments auxquels on est habitué une partie de l’année en essayant de joindre les deux bouts et en espérant que les conditions climatiques ou autres plaies ne viennent réduire à néant tout le travail accompli.

Ainsi mon beau-frère, cinq jours par semaine vient couper et arracher de l’herbe pour les lapins en sifflotant et le vendredi après-midi quand il quitte son travail, il peut ressentir la satisfaction de recevoir sa paye qui lui permet de vivre, lui et sa famille, sans se soucier des aléas de la vie. En France je ne pourrais certainement pas me permettre d’embaucher quelqu’un car cela me coûterai bien trop cher. Ici c’est l’informel qui tient le haut du pavé et chacun est libre de travailler comme il l’entend pour gagner sa vie du moment qu’il ne cause pas de tort à autrui.

 

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Actes de banditisme à Mahanoro

16 Juillet 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Ici sur la côte-Est de Madagascar, il y a une petite ville bien tranquille où naturellement il y a de petits larcins d’opportunistes comme un peu partout au monde, mais parfois les choses dérapent et aux ventres vides la raison déraille pour certains qui se mettent en tête de former des bandes afin d’attaquer et de voler les gens plus fortunés qu’eux.

Ainsi on a vu dernièrement des forces de l’ordre cagoulées arriver en masse dans la petite ville, ce qui est assez inhabituel, sauf quand un ministre ou autre membre politique vient rendre une petite visite de politesse ou pour une inauguration.

Renseignements pris chez l’épicière du coin, il paraitrait qu’il y a un groupe de bandit qui est en train de semer la panique et qu’une personne a  même été sévèrement blessé à la tête par des voleurs et a été obligé d’être hospitalisée.

Bien entendu il y a eu déjà des vols de zébus par le passé et même des tombes qui ont été saccagées par des pilleurs de tombes, mais actuellement cela parait être plus grave au point que les autorités locales ont décidé de faire appel à du renfort venu d’une grande ville de la côte-Est afin de régler ce problème. Les forces de l’ordre ont déjà réussi à capturer plusieurs membres du groupe des voleurs et poursuivent à cette heure leurs investigations afin de rétablir le calme et la sécurité des habitants.

A la vue de ce déploiement massif des forces de l’ordre, les habitants ont été rassurés et grâce à eux la vie peut reprendre son cours habituel. Sauf que certain « dahalo » comme on appelle communément les voleurs à Madagascar ont décidé de mettre la ville à sac.

A l’origine, les « dahalo » sont des marginaux dans le sud de Madagascar qui ne possèdent rien ou peu de biens. Et pour survivre ou pour s’enrichir ils font des vols occasionnels de zébus. Sachant que pour se payer un zébu un agriculteur devait travailler pendant un an. Mais par la suite cette pratique a pris de l’ampleur au point que des groupes de voleurs se sont organisés en bandes pour réaliser des vols organisés de grand banditisme au point d’attaquer des villages entiers.

Donc ici quand les voleurs ont vu des policiers qui commençaient leurs investigations, ils n’ont pas attendu que les policiers leurs mettent la main dessus mais ils se sont réfugiés dans la brousse où il était impossible de les retrouver..

Naturellement, les policiers ne sont pas nés de la dernière pluie non plus et ils ont adopté une autre stratégie en quittant les lieux pendant plusieurs jours puis ils sont revenus sans prévenir et ont arrêté tous les jeunes et moins jeunes qui étaient assis toute la sainte journée à jouer aux cartes car ceux qui ne travaillent pas doivent avoir d’autres méthodes pour subsister.

Je sais par expérience que les policiers d’ici ne sont pas comme en France où on matraque les manifestant quand ce n’est pas en leur balançant des grenades lacrymogènes ou leur crever un œil avec leurs lanceurs de balles. Non, ici les méthodes sont d’un tout autre ordre.

En effet, un jour, en rendant une visite de courtoisie à un inspecteur de police que je connaissais bien, il était justement en train d’interroger un jeune homme et il m’a demandé si je pouvais l’attendre un moment afin qu’il finisse son interrogatoire. J’étais debout dans le couloir qui menait au bureau de l’inspecteur et au bout de quelques minutes la porte du bureau s’est ouverte et le jeune homme est sorti du bureau de l’inspecteur avec une mine déconfite en se tenant la jambe et en boitillant. J’ai demandé à l’inspecteur ce qui était arrivé au jeune homme et l’inspecteur en souriant m’a dit qu’il avait obtenu très gentiment les renseignements qu’il désirait avoir grâce à un bon coup de brodequins dans le tibia du prévenu.

Ce qui veut bien dire que parfois quand la ruse n’est plus de mise les arguments ne manquent pas pour autant.

Photo des célèbres "cagoules" comme on les appelle ici, que j'ai eu l'occasion de prendre en photo lors d'un défilé militaire à la fête nationale de Madagascar. On peut nettement distinguer que les brodequins de la police de Madagascar peuvent avoir en plus d'habiller les pieds, aussi une autre utilité sans équivoque.

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Le métier de charbonnier à Madagascar

13 Juillet 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

En France aussi, avant qu'on commence à extraire le charbon du sol, il y avait des charbonniers dont le métier était de couper du bois et d’en faire un tas qu’on recouvrait avec de la terre puis en y mettait le feu qui transformait le bois en charbon grâce au manque d‘oxygène. Bien entendu, cela ne se faisait pas en quelques heures mais il fallait du temps et il fallait aussi surveiller constamment le processus.

Ici à Madagascar il n’y a pas de mines de charbon, très peu de pétrole ou de gaz sauf ce qui est acheté à l’étranger. Peu de personnes étant reliées à la régie d’électricité, il ne reste plus que le charbon de bois qui est utilisé par plus des trois quart de la population. On fait la cuisine sur de petits réchauds de charbon de bois ou simplement on y fait chauffer de l’eau car souvent aussi, très peu de personnes sont raccordées au réseau d’eau qui n’est accessible que dans les villes. A la campagne il y a des puits ou alors on s’alimente en eau dans les lacs, rivières et autres endroits où s’est possible et il faut donc faire bouillir l’eau afin de la rendre potable.

Donc comme il y avait beaucoup de bois à Madagascar, on coupait sans se préoccuper des conséquences que cela pouvait avoir sur la biodiversité. En effet quand il n’y a plus d’arbres, la faune disparait aussi. D’autant qu’avec l’élevage intensif des zébus, plus rien ne retiens la terre et les lessivages des sols laissent apparaître des lavakas qui sont des glissements de terrains et ravines qui entaillent les paysages de collines.

Sachant que seulement un cinquième du poids du bois est transformé en charbon de bois, les charbonniers gagnent leur vie péniblement. D’autant que pour réduire les déforestations l’état à pris des mesures draconiennes afin de limiter les coupes abusives de bois mais quand on n’a pas les moyens d’acheter du gaz ou de payer sa facture d’électricité… même si on est relié au réseau, il ne reste plus que la solution du charbon de bois.

Bien entendu face aux restrictions gouvernementales, les prix du charbon de bois ont fortement augmenté. Une famille qui consomme un a deux sacs de charbon de bois par mois, cela représente tout de même un budget conséquent mais inévitable.

Donc l’état a pris des mesures en imposant que pour chaque coupe d’arbre il fallait en replanter cinquante jeunes pousses. Mais comme on ne peut pas mettre un contrôleur derrière chaque charbonnier, il est peu probable que cela soit effectué.

Sachant qu’à l’heure actuelle, le revenu moyen des ménages ne dépasse guère 40 à 50€ par mois et que le charbon de bois est aussi nécessaire que les aliments eux-mêmes, il ne reste plus grand-chose pour d’autres postes comme l’éducation qui est payante, la santé qu’il faut prendre en charge car la plus grande majorité de la population ne possède pas de couverture sociale.

Bien entendu il existe des manières peu couteuses de remplacer le charbon de bois par le solaire car il est fort possible de fabriquer des fours solaires et j’ai conçu moi-même un four solaire avec seulement du carton et du papier aluminium mais cela reste une solution précaire et souvent aléatoire car du soleil il n’y en a pas 365 jours par an et il faut compter plusieurs heures d'ensoleillement maximum pour arriver à chauffer sa marmite de riz.  

https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/energie-renouvelable-fabriquer-four-solaire-4131/

 

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Elles sont belles, belles, belles...

2 Juillet 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Comme le chantait un certain Claude François : "Elles sont belles, belles, belles, comme le jour." Et nombre de français et autres sont venus à Madagascar pour tirer leurs dernières cartouches en papillonnant d’une fleur à l’autre en pensant ainsi assouvir leurs fantasmes les plus fous et naturellement les belles fleurs de Madagascar ne demandent pas mieux que d’améliorer leur ordinaire qui est fait d’une condition de vie très précaire.

Ainsi, le matin quand elles se lèvent, la première chose à faire pour elles s’est d’aller à un point d’eau, une rivière, un lac ou autre flaque d’eau à la campagne ou à la borne fontaine la plus proche en ville pour acheter l’eau dans un seau ou un bidon qui servira à la toilette autant qu’à faire bouillir le café ou faire cuire le riz puis à laver la vaisselle.

A Madagascar même dans les grandes villes ou dans la capitale, peu de maisons sont raccordées au réseau d’eau et peu de maisons disposent d’une évacuation des eaux usées car souvent les canaux d’évacuation des eaux usées sont obstrués à cause des ordures qui sont jetés dans des endroits non appropriés et aux moindres pluies il y a des inondations dans les bas quartiers des villes.

Bien entendu les pouvoirs publics font leur possible pour essayer de faire face à ses problèmes mais comme peu a été fait durant des décennies depuis l’indépendance et que des constructions de maisons ont été réalisées parfois dans des zones non constructibles, la vie des habitants est parfois un véritable enfer.

De ce fait, une belle fleur des îles fera tout son possible pour améliorer ses conditions de vie en ayant la possibilité de pouvoir coucher dans un lit avec un matelas et des draps propres et manger autre chose que du riz qui colle au fond de la marmite en aluminium et qui a été cuit sur un fatapera (petit fourneau à charbon de bois).

Une française, quelle qu’elle soit ne pourra jamais s’imaginer ce que doivent endurer la plupart des jeunes femmes de Madagascar. En effet, ici elles ne savent même pas ce que c’est qu’une couverture sociale ou autres aides de l’état. Si l’une ou l’autre tombe malade, soit elle a les moyens d’aller chez un médecin et acheter des médicaments pour se soigner, soit elle priera le ciel pour guérir sans soin. Les conditions d’hygiène étant déplorables, les agents pathogènes s’en donnent à cœur joie pour attaquer le système immunitaire des malades qui pour la plupart ont un régime alimentaire très pauvre qui souvent ne peut guère les prémunir lors d’une maladie quelconque.

Souvent les jeunes femmes viennent de la campagne ou des petites villes pour aller chercher fortune dans les grandes villes, mais là, souvent elles habitent ensemble afin que si l’une d’elle n’a pas de travail, elle puisse être nourrie par les autres. Elles ont compris que si elles restent isolées elles ont moins de chances de pouvoir s’en sortir que si elles vivent en petite communauté et s’entraident jusqu’au jour où l’une ou l’autre décrochera le gros lot et si ce gros lot est un français à la retraite et qui avec sa petite retraite devient le roi du pétrole dans un pays pauvre, il sera considéré comme un sauveur.

Bien entendu, on lui demandera des cadeaux pour s’habiller à la mode avec du Dior, D&J, Channel et autres copies non conformes chinoises. Puis on voudra un bel Ipod pour raconter la belle vie qu’on mène avec un vahaza (étranger) et si l’aventure continue on demandera un « soucoutaire » ou même un « bouster » si le vazaha en question en a les moyens.

Ainsi va la vie à Madagascar pour celles dont le destin a fait croiser la route d’un étranger et on ne prendra en compte que la beauté intérieure de son portefeuille. En effet de nombreuse femmes ont compris que l’avantage des vieux qui ne sont pas beaux sur ceux qui sont beaux, font que la laideur de ceux qui ne sont pas beaux ne disparaitra pas avec le temps.

 

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Une maison plantée dans une falaise.

30 Juin 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

C’est dans la capitale de Madagascar que ce trouve ce bâtiment qui est greffé dans une falaise qui se trouve non loin du parc de Tsimbazaza. J’ai visité plusieurs fois ce parc zoologique où se trouve également le CNRE (Centre National pour la Recherche sur l’Environnement) où j’avais fait la connaissance du Mycologue qui y siégeait à l’époque mais il m’a avoué que cette science n’en était qu’à ses balbutiements et que lui-même ne s’est mis qu’assez tardivement à étudier les champignons, d’autant qu’il avait la goutte et qu’il lui était très pénible de marcher pour aller chercher des champignons.

J’ai habité pendant quelques mois dans ce quartier de la capitale, juste en face de cette maison derrière la préfecture de police qui elle-même est située à côté de la mairie du 5ème arrondissement de la capitale Antananarivo. J’ai trouvé cette manière de construire une maison assez originale car on dirait qu’elle a été collée directement sur la falaise. Etonnant, non ?

Le quartier de Tsimbazaza possède également un bâtiment qui sert de chambre basse où siègent les députés. Cela fait des lustres que je ne suis plus allé dans la capitale car à la pollution et au stress occasionné par les embouteillages, je préfère largement rester dans ma brousse sur la côte-Est ou je profite sereinement d’une vie paisible loin des tracas de la ville.

D’ailleurs, qu’irai-je faire dans la capitale ? J’ai tout ce qu’il me faut ici sur la côte-Est du pays et si les voyages forment la jeunesse, la vieillesse n’aspire qu’à rester vieille et sereine le plus longtemps possible. Telle est devenue ma devise.

 

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C’est décidé, je renonce désormais à conduire en voiture.

17 Juin 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Etant dans ma soixante quatorzième année et ayant eu mon permis de conduire à l’âge de dix neuf ans j’estime avoir assez été obligé de me déplacer en voiture particulière et de ce fait comme je possède encore un beau 4x4 Toyota Fortuner D-4D avec peu de kilomètres et qu’il ne sert à rien de le laisser dans mon garage sans rouler, j’ai estimé qu’il était temps de m’en séparer.

C’est un beau véhicule avec moins de 60  000 km même s’il a déjà dix ans car je l’ai acheté neuf pour la somme de 40 000€ et si je peux le vendre à moitié prix vu son âge, je m’estimerais heureux et je serai même prêt à négocier.

L’avantage sur de nombreux autres véhicules de ce genre, celui-ci possède trois rangées de sièges et c’est l’idéal pour faire des randonnées dans la brousse avec pas moins de sept passagers confortablement assis. D’autant que ce véhicule contrairement à beaucoup d’autres de son gabarit possède un blocage de différentiel sur les quatre roues ce qui est très pratique pour s’en sortir facilement  lorsqu’on est embourbé par exemple.

Je le regretterai naturellement mais à quoi bon vouloir garder un véhicule dont on ne se sert plus. Ma femme a bien essayé de le conduire mais elle dit qu’il est trop haut et trop imposant pour elle. En effet quand on est habitué à rouler en quad, on n’est plus dans la même catégorie de véhicule. Pour ma part j’ai décidé définitivement de raccrocher mes crampons et de devenir sédentaire car j’ai bien assez vu du monde sans avoir besoin encore de perdre mon temps derrière un volant, d’autant qu’on peut voyager virtuellement et faire le tour du monde en moins de quarante… minutes sur Internet.

 

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Le moyen qu’à trouvé ma belle-mère pour me remercier d’exister

16 Juin 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

C’était il y a quelques années de cela, ma belle-mère a voulu me témoigner sa reconnaissance en organisant une fête chez moi, ici sur la côte-Est de Madagascar. Elle a lancé les invitations tout azimut et pour nourrir tous les invités, un zébu a été mis à mort directement devant tout le monde et les morceaux de viande découpés ont été enveloppés dans des feuilles de Ravinala et offert à chacun. Naturellement il y a eu des discours de plusieurs personnes qui voulaient me remercier… d’exister tout simplement d’après le peu que j’ai pu interpréter à ma façon.

Il faut savoir que le plus beau cadeau qu’on peut offrir à quelqu’un c’est le sacrifice d’un zébu qui naturellement est partagé entre toutes les personnes présentes. En effet un zébu est considéré comme une caisse d’épargne. Dès qu’on peut se le permettre on achète un veau de zébu puis on le mène à la pâture tous les jours jusqu’à ce qu’on soit obligé de le vendre ou l’offrir pour une raison ou une autre. Une fête où il n’y a pas de viande de zébu n’est pas une vraie fête.

Et dans les villages de la brousse on peut voir les cornes de zébu qui sont cloué sur des maisons ou sur des poteaux pour qu’on puisse se remémorer ce jour afin qu’il ne tombe pas dans l’oubli. Les zébus sont une vraie richesse car peu de personnes ont un compte en banque par contre de nombreuses familles possèdent un ou plusieurs zébus et tous les jours la viande de zébu est vendue sur le marché local. Souvent c’est sur un billot en bois que sont découpés à la scie ou à la hache les morceaux contenant des os. Tout est vendu, même la queue de zébu est utilisée pour faire une recette gourmande… Ne me demandez pas la recette car je ne mange pas de ce pain là.

Pas loin d'une centaine de convives attendaient patiemment que les orateurs aient terminé leurs discours vantant mes mérites avant de pouvoir recevoir leur petit cadeau. Je ne sais toujours pas si c'était moi ou le zébu qu'on fêtait...

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La mariée était trop belle

15 Juin 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Beaucoup de retraités sont venus cueillir de belles fleurs à Madagascar. Oui mais ça... c’était avant car depuis bien longtemps les vols vers Madagascar ont été annulés et il n’est plus possible, pour l’instant, de venir choisir une belle fleur des îles pour lui passer la bague au doigt et la ramener en France. Nombreux sont ceux qui ont tentés l’aventure en choisissant la plus belle femme du monde, la fleur des îles, celle qui n’a aucun défaut avant de vivre avec elle, avant qu’elle ait changé son statut de demoiselle en dame. Bien entendu, tout comme en France il y a des mariages heureux, il peut y avoir des mariages heureux aussi à Madagascar.

Mais il faut bien admettre qu’en épousant une femme qui a la moitié de l’âge de son époux et qu’on la ramenant en France, le beau retraité du haut de ses soixante piges et de sa petite retraite ne gardera pas son prestige de Brad Pitt qu’il avait à Madagascar… surtout s’il était déjà plutôt un Brad en piteux état.

Bien entendu on ne va pas condamner les jeunes femmes de Madagascar qui choisissent ainsi ce moyen d’améliorer leurs conditions de vie très précaires parfois car ici les jeunes personnes sans travail ne sont pas aidées comme en France avec des tas d’allocations. Non ici, c’est la débrouille. Ou alors tu vas tous les jours patauger pieds nus dans les rizières pour planter le riz avec lequel tu te nourriras ou alors tu essaies de trouver quelqu’un qui peut te sortir de ce bourbier en te passant la bague au doigt si nécessaire.

Ainsi, j’ai connu Max, entre autres. Il avait sa petite retraite de maçon de France et il est venu se perdre sur la côte-Est de Madagascar où il a connu Rose, une gentille jeune femme qui avait des charmes non cachés. Bien que notre ami Max soit un peu près de ses sous, selon une autre de ses conquêtes d’avant Rose, il n’a pas lésiné pour organiser un mariage somptueux en invitant qui le voulait bien pour remplacer sa famille qui est naturellement restée en France. Il a fait mettre les petits plats dans les grands on ne lésinant pas sur la pièce montée à plusieurs étages qui a fait le bonheur des invités qui en guise de dessert se contentait généralement chez eux d’un bout de pain trempé dans une tasse de café noir.

Notre ami Max était aux anges et avait loué la plus belle voiture pour en faire le tour de la petite ville en faisant klaxonner à tout va pour montrer son bonheur. Il avait l’air tellement heureux ce jour des noces et  il voyait déjà sa vie changer du tout au tout. Il rêvait déjà d’une vie paisible avec une femme qui lui préparerait ses repas, qui lui laverait ses vêtements et qui lui ferait son ménage en France sans qu’il n’ait plus à se soucier de l’intendance car la vie d’un vieux retraité en France qui vit seul n’est pas si enviable, même s’il possède déjà une maison et tout le nécessaire pour y mener une vie bien pépère.

Toujours est-il que Max a réussi à ramener avec lui en France celle qui devait partager sa vie et à qui il pourrait faire visiter sa région en France et surtout l’éblouir dans tous les magasins qui existent en France mais sont totalement inconnus ici dans la petite ville de la brousse d’où Rose n’est jamais sorti.

Bien entendu, quand on se marie avec une femme de Madagascar il est obligatoire de lui payer un billet d’avion aller-retour, au cas où la vie commune ne conviendrait pas à la belle et qu’elle puisse revenir sans être retenue prisonnière en France.

Et au bout de deux mois à peine, j’ai revu Rose qui est revenue à Madagascar car décidément après avoir tout vu, tout bu et tout lu en France, Le soleil de Madagascar commençait à lui manquer sérieusement. Mais poussé certainement par sa famille et ses proches qui lui ont fait comprendre l’importance de la chance qu’elle avait de pouvoir se refaire une vie bien meilleure en France, la belle s’en retourna en France… mais aux dernières nouvelles, elle aurait quitté son beau et vieux mari pour un autre bien plus jeune et aussi fortuné.

Ainsi va la vie, quand on veut réaliser ses fantasmes, il ne faut pas non plus croire aux miracles car si parfois le destin peut aller à notre rencontre on ne gagne pas au loto tous les jours.

 

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Ici on ne rit pas avec le riz,

3 Juin 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

La nourriture de base de pratiquement toute la population gasy est tout naturellement le riz. Ce riz cultivé à Madagascar est souvent un cultivar à grains rouges contrairement à d’autres sortes de riz dans le monde. Une bonne partie du riz consommé à Madagascar étant du riz importé car la production locale ne couvre pas les besoins et quand il y a des excédents de production, le tarif du transport ne permettrait pas d’en tirer profit donc on préfère nourrir volaille et porc avec les excédents.

Ici on appelle paddy le riz qui n’a pas encore été décortiqué et ma femme a été très fière de présenter son premier bouquet de paddy qu’elle avait semé elle-même. Elle a décidé d’en faire un symbole en formant un bouquet de paddy qui trône maintenant sur la table de la salle commune.

Oui, il faut savoir qu’ici à Madagascar on n’a que faire d’une salle à manger d’un salon ou autre pièces bien définie. La plupart du temps se passe dehors. Et en général une maison n’est faite que pour dormir et se protéger des pluies nocturnes.

Souvent les gens se lavent dehors dans un seau d’eau dans une rivière, dans un lac ou autre point d’eau.  Ici où je réside, bien entendu j’ai apporté un peu de confort car je dispose d’une salle d’eau, d’une cuisine interne ainsi que d’une cuisine à l’extérieur comportant un petit fourneau à bois et un grand four à bois, plusieurs chambres à coucher et une grande salle commune. La majeure partie de la maison est composée du hall d’entrée et d’une immense salle centrale qui à mon avis a été construite pour en faire un restaurant avec un bar qui me sert actuellement de bureau.

Ainsi va la vie à Madagascar et si on vend encore une variante de la vache qui rit dans les épiceries, ici c’est plutôt le riz qui rit qui est à l’honneur.

Ma divine Sergine qui brandit fièrement son premier bouquet de paddy. Bien sûr qu'elle est belle la statue de la liberté aux USA mais je ne l'échangerai pas contre ma femme qui brandit fièrement son flambeau de paddy.

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Mon couvert floristique et faunistique à Madagascar (étape 2)

25 Mai 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Suite l’article concernant la faune et la flore de ma niche écologique que je suis en train de concevoir sur la Côte-Est de Madagascar, loin de moi l’idée de vouloir créer un zoo ou un parc naturel, mon désir est simplement de m’entourer de toute forme de vie qui voudra bien s’inviter dans mon environnement.

Un de mes citronniers issus de graines d'un citron que j'ai semé et qui porte déjà de biens beaux fruits qui me permettrons pour certains d'assaisonner mes crudités et si d'autres personnes ou certaines espèces animales peuvent en profiter aussi, cela me ravira car j'aime partager. Au moins quand mon heure aura sonné et que je sois obligé de laisser ma place il restera un peu de moi-même.

Je considère qu’il devient important à mes yeux de permettre des interactions entre la végétation et le monde animal dont je fais partie moi-même. En effet je fais partie de la vaste famille des mammifères que contestent pas mal d’hommes qui pensent qu’ils sont supérieurs aux autres animaux car ils sont le gratin sur le dessus du panier des prédateurs.

C'est incroyable comme cela pousse vite ici sous les tropiques car des graines de cotonniers que j'ai récupéré sur un arbre ont donné en un an des jeunes cotonniers de plus d'un mètre de heut pour certains et qui portent déjà des bourgeons prêts à fleurir.

 

Sachant que la biodiversité d’un lieu est fonction des différentes espèces, je fais mon possible pour introduire le maximum d’espèces diverses afin de les associer aux espèces déjà présentes. Restaurer la diversité du vivant, voilà mon objectif. Et si cet engagement peut paraitre comme le travail du colibri qui apporte sa goutte d’eau pour éteindre un feu de forêt, je n’en ai cure, car ce qui m’intéresse le plus, c’est que cela m’apporte un sentiment de sérénité, une envie de continuer à exister non pas pour moi mais pour la chaîne du vivant qui me lie à la nature.

Un de mes corossoliers

(Annona muricataqui donnera certainement des fleurs et des fruits qui attireront les insectes ainsi que des oiseaux et peut être même des caméléons qui sentent bien que les insectes sont attirés par des fleurs et des fruits et je ne parle pas des autres frugivores

A l’heure où on favorise la monoculture tout azimut, je suis pour la variabilité du monde du vivant sous toutes ses formes et non pas au bricolage du génome a des fins de convoitise. La biodiversité comme je la vois sont d’établir une interaction entre les différentes formes de vie et laisser la nature évoluer librement sans vouloir artificiellement en tirer le maximum de profits.

Il faut bien se rendre compte que la diversité des espèces vivantes forment des écosystèmes qui forment la biosphère dont nous dépendons et sans laquelle nous ne serions plus de ce monde. Tout s’emboîte dans la nature par sa diversité génétique.

La citronnelle (Lemon gras) offre une excellente boisson glacée qui peut être considéré comme du Lemon tea ou tout simplement en infusion selon les goûts.

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Visite de ma niche écologique (étape 1)

24 Mai 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Comme tous les jours, j’aime me baigner dans les alentours de ma niche écologique où je fais mon possible pour créer une biodiversité qui tranche avec ce qu’on s’attend à voir sur la côte-Est de Madagascar. Ici, on se soucie peu de l’environnement car la préoccupation principale est de trouver de quoi faire bouillir la marmite de riz. Et je peux aisément comprendre, car se nourrir est le point essentiel pour rester en vie.

Bien entendu pour moi c’est facile de m’occuper d’autre chose que de songer à me remplir le ventre tous les jours car ma pension obtenue après plus de quarante ans de travail en France et dans des pays limitrophes me permet de vivre confortablement à Madagascar avec un niveau de vie plus de trente fois supérieur à celui d’un ouvrier malgache qui a trouvé un emploi.

Mon plus grand plaisir est de ramasser jour après jours les fruits de la passion qu'on appelle des grenadelles ici et avec lesquels nous faisons un jus naturel qui accompagne nos repas quand la récolte est suffisante.

Bien entendu, on peut concilier une vie facile en améliorant également les conditions de vie de plusieurs familles de gentilés. IL faut savoir que si on laisse la nature se développer selon ses propres lois, la biodiversité serait assez limitée car beaucoup d’espèces ont tendances à se multiplier et à envahir trop d’espace au détriment d’autres espèces. Donc il faut de la main d’œuvre pour guider un peu en limitant la prolifération de certaines espèces et en favorisant l’implantation d’autres espèces.

Quand les bougainvilliers étalent leurs branches et colorent cet écrin de verdure, cela me remplit de joie, un peu comme si j'avais des papillons dans le ventre. Rien ne peut remplacer le spectacle que la nature nous offre gratuitement avec une mise en scène parfois spectaculaire.

 

Il faut savoir que réguler une petite jungle n’est pas pareil que de planter un champ de patates. En effet on peut laisser la nature s’implanter selon ses lois mais quand c’est au détriment d’autres espèces il faut y mettre bon ordre (selon ma vision toute personnelle). Je ne dis pas que c’est ce qu’il y a de mieux car les plantes s’installent selon leurs propres lois qui sont les lois de la nature.

Les premières fleurette de frangipaniers font également leur apparition pour mon plus grand bonheur. La nature peut être si belle pour celui qui est capable de l'observer, de la comprendre et de l'aimer sans la dénaturer. Malheureusement de nos jours, de nombreuses personnes préfèrent les plaisirs virtuels.

Ainsi j’essaie d’associer des plantes un peu au hasard (ce qui n’est pas la meilleure méthode, je le conçois) car il faut des associations bien spécifiques à chaque espèces pour que les plantes puissent bénéficier des meilleures conditions, mais comme je suis loin d’être un scientifique en la matière, je préfère compter sur mes doigts plutôt que de résoudre des problèmes avec des formules mathématiques.

Bien entendu, la nature a aussi ses caprices et si un arbre pousse de travers, c'est qu'il obéit à des lois et ce n'est pas à nous de vouloir à tout prix remédier à cet état de choses. Mais quand arrive un cyclone, ce qui a déjà été le cas, La végétation souffre car le vent arrache feuilles et arbres.

A chacun ses méthodes. Ainsi à quoi me servirait de savoir résoudre des problèmes avec des formules mathématiques, chimiques ou autres et rester assis sur une chaise toute la sainte journée en me tournant les pouces ? Je suis de ceux qui testent et qui n’ont pas peur de se salir les mains tous les jours avec des ongles rempli de terre. (En me lavant trente six fois les mains dans la journée.)

Bien entendu il m’arrive aussi de mettre en branle mes quelques neurones actifs et au croisement de mes connexions neuronales mes synapses font le bon choix… parfois. Ce que je considère comme un avantage, c’est que je n’ai nul besoin de suivre un traitement de résilience à chaque échec car les échecs m’apprennent à construire mon expérience.

L'Allamanda ou trompette d'or est en temps normal un arbuste grimpant mais quand il n'y a pas de tuteur, cet arbuste étale longuement ses branches sur le sol, au point que dans certains pays cette plante est devenue envahissante. Pour ma part, je lui fais une coupe régulière afin qu'il ne dépasse pas certaines limites.

A suivre...

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Pourquoi tant de gaspillage ?

22 Mai 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

En cette ère de sur-consommation, de gaspillage des richesses naturelles et où la pollution a atteint un degré jamais atteint depuis que les humains sont sur terre, j’ai décidé de consommer moins, de me contenter de ce que je peux avoir et non pas de ce que je pourrais avoir.

Bien entendu quand on a été formaté et que toute sa vie on a baigné dans une population où le luxe était de mise et où on ne se rendait même pas compte de l’impact qu’on avait sur l’environnement, on a envie de devenir minimaliste quand on réfléchit un peu.

Il en est ainsi par exemple dès le matin qu’on se lève et qu’on est assis en pyjama ou à poil devant sa tasse de café. Ce café à été certainement produit en Colombie ou ailleurs et a parcouru des milliers de km pour être versé dans la tasse devant laquelle on est assis. Puis avant de boire son café, si on réfléchit bien on se dit que ce café a été filtré dans du papier qui a été fabriqué on ne sait où mais en ayant abattu un arbre pour fabriquer ce papier filtre. Mais il y en a qui ont évolué et qui ne se servent plus de filtre à café car ils possèdent une machine où il suffit de mettre des dosettes en alu ou en plastique. L’alu et le plastique sont des richesses naturelles et si des millions de personnes utilisent ces capsules ou dosettes, cela en fait des barils de pétrole ou des exploitations d’aluminium qui ne se renouvellera pas.

Pour ma part, mon café est issu de ma récolte ou des petits producteurs de la région. Mon filtre à café réutilisable est tressé avec des herbes ou feuilles de palmier. Je ne possède pas de moulin à café mais un mortier et un pilon pour réduire le café en poudre après l’avoir torréfié dans mon four à bois alimenté par du bois mort.

Bien entendu, je ne prétends pas avoir acquis la neutralité carbone ou autre perfection concernant la protection de la planète mais j’essaie au moins de réduire au maximum selon mes possibilités les pollutions et le gaspillage inconsidéré des matières premières.

J’apprends à devenir minimaliste après avoir été comme beaucoup de personne un gaspilleur. Il n’est jamais trop tard pour obtenir le pardon de la planète car nous n’en possédons pas d’autre et nous n’en posséderont pas d’autres contrairement aux idiots qui dépensent des milliards pour aller chercher de l’eau sur Mars alors que des humains meurent de soif sur terre.

Mais ce n’est que mon avis, celle d’un pauvre être inculte… mais heureux de vivre au paradis sur terre dans un coin perdu de Madagascar. Non, ne venez pas me rejoindre car j’aime la tranquillité et le calme ainsi que le bain que je prends tous les jours dans mon océan de verdure.

Ma belle-soeur qui réduit le café en poudre dans un mortier en bois et à l'aide d'un pilon qu'on conservera toute notre vie.

Mon fils à qui j'apprends du mieux que je peux à rester simple et à ne pas vouloir toujours posséder ce qui fait envie.

Il exhibe fièrement notre filtre à café à multiples usages.

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Les lavandières de Madagascar.

18 Mai 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

A une centaine de mètre de là où je réside, après de fortes pluies un lac d’une longueur de quelques centaines de mètres se forme et c’est le moment de l’année où les femmes viennent y laver linge, vaisselle et même se baigner tous les matins car ici, très peu de personne ont l’eau courante.

Si le mot lavandières sert souvent à désigner les femmes lavant le linge au bord de l’eau ou dans une fontaine publique comme c’était le cas en France dans la première partie du XXème siècle, C’était ne pas connaître la définition du mot lavandière car est lavandière généralement celle qui lave le linge des autres alors qu’ici à Madagascar on lave son linge en famille.

Ici dans la brousse ce sont les femmes qui viennent au bord de l’eau le matin avec une bassine en plastique placée sur la tête, le petit sachet en plastique de lessive dans l’autre main, et après avoir marché dans l’eau pour s’habituer à la température de l’eau, elle se lave le visage, puis les bras avant de soulever leur lambahoany (prononcé lambaoane) elle trempent leurs fesses dans l’eau pour laver cette partie de leur corps aussi. Puis elles se dirigent vers leur bassine et en sortent leur linge avant de remplir leur bassine d’eau puis elles commencent à laver leur linge dans la bassine en frottant énergiquement.

Pour ces femmes, c’est le moment de la journée où elles se retrouvent pour papoter, se raconter leurs petits secrets ou encore rire quand l’une ou l’autre raconte une chose amusante. Bien entendu tout en ayant ces activités elles doivent aussi s’occuper de leurs enfants qui eux aussi aiment barboter dans l’eau. Ces scènes font partie intégrante du paysage des la brousse de Madagascar.

Je me souviens du petit village de l’Est de la France au milieu duquel une fontaine-lavoir accueillait tous les jours le bétail qui venait s’abreuver puis à l’intérieur il y avait plusieurs bassins pour y laver son linge. Ce lavoir était alimenté en eau par une source d’origine naturelle. Cette eau était si limpide qu’il m’est arrivé souvent d’en boire directement au tuyau qui sortait de la bouche d’une figure de diable.

Ce lavoir du village était le symbole de plusieurs générations qui nous avaient précédés et quand le village a été raccordé au réseau d’eau et que tous les foyers étaient alimentés en eau, ce vieux lavoir qui ne servait plus a été démoli. C’est un peu comme si on voulait effacer une partie de la vie du village avant la modernisation qui a contraint les ménagères à rester chez elles en tournant le bouton de leur machine à laver électrique. C’est à cette période qu’à commencé la course à l’échalote, à celui qui pourrait se payer le plus de luxe, à celui ou celle qui aurait la plus grosse, la plus belle, la plus chère de tout ce que l’industrialisation pouvait apporter et qui a fini par faire endosser un gilet jaune à pas mal de retraitées et autres chômeurs, ainsi qu’à des mécontents de la vie qui pourtant ont retrouvé un peu de joie à pouvoir ensemble de nouveau déguster des saucisses grillées sur un rond-point devant un feu qui consumait du bois de palettes en riant et en blaguant. Puis un minuscule  intrus invisible à l’œil nu est venu définitivement enfermer les gens chez eux et à leur offrir de vieux films à la télé pour les dérider et tromper l’ennui pendant que la machine à laver lavait, essorait et séchait également le linge de la famille. Le malaise d’une grande partie du monde a débuté avec l’après-modernisme.

Heureusement, ici à Madagascar on sait encore vivre simplement et rire chaque jour car, qui est pauvre n’est pas pour autant malheureux.

Images prises en ce mois de mai entre la cote Est de Madagascar bordée par l'océan Indien et le canal des Pangalanes.

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Changement nécessaire de paradigme à Madagascar

1 Mai 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Hé oui, c’est fini les magouilles, les bizness qui rapportaient beaucoup d’argent en peu de temps. Avec le gouvernement actuel plus aucune concession n’est faite concernant la vente des richesses naturelles pour enrichir un membre du gouvernement, un membre de la législature ou de la justice... et je ne parle même pas de la police et autres institutions. Pour les ventes à l’étranger, les exportateurs doivent faire rentrer les devises dans le pays et ne pas ouvrir un compte à l’étranger comme c’était le cas pour beaucoup d’exportateurs.

 Tous les moyens étaient bons pour s’approprier de l’argent pour s’enrichir de manière illégale au détriment de la population qui en souffrait. Il a suffit d’un homme intègre à la tête du pays pour que cela change du tout au tout. Beaucoup se sont réfugié à l’étranger pour mieux pouvoir critiquer sans se faire taper sur les doigts. D’autres, qui espéraient encore s’en tirer sont dans le collimateur de la justice et il y a ceux pour qui il n’y avait pas de pardon qui sont entre quatre murs.

 Bien entendu l’opposition voudrait bien avoir du grain à moudre en espérant de mauvaises nouvelles ou des faux-pas, mais l’attente commence à amoindrir les revendications de l’opposition car avec les préoccupations relatives à la santé de la population. L’opposition qui avait encore espéré mettre son grain de sable dans les rouages en réclamant des vaccins a été entendue donc ; à elle de faire preuve de patriotisme en se faisant piquer les premiers afin d’être sûr que les vaccins qui sont sur le pas de la porte sont bien efficaces. En attendant le nombre de contaminations est à la baisse sans que personne n’ait encore été vacciné. En espérant que cela continue.

 

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Quand passe le courant à Madagascar

26 Avril 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Je n’ai jamais beaucoup voyagé dans ma vie car j’ai travaillé manuellement pendant quarante deux ans et demi. Quand je suis arrivé à Madagascar après avoir obtenu ma retraite, j’ai constaté que s’il y avait de nombreuses coupures de courant qu’on appelle ici les délestages, par contre le courant passe très bien dans la population, et même si les étrangers sont vus plutôt comme des portefeuilles sur pattes, on trouve ici une joie de vivre une envie de communiquer, même si souvent on ne parle pas la même langue.

Peut-on être pauvre et heureux en même temps ? Je réponds oui. Peut-on être riche et malheureux, je répondrai oui également car j’ai constaté que de nombreuses personnes en France avait le « mal vivre »  en eux, une espèce de mécontentement de recherche de l’impossible alors qu’ici les gens se contentent de ce qu’ils ont et ce qu’ils ne connaissent pas ne peut en aucun cas leur manquer.

Bien entendu tout n’est pas toujours bien cadré bien entretenu, bien net comme nous l’entendons mais ici à Madagascar, c’est la débrouille, l’ordre dans le désordre, l’opportunisme parfois aussi mais on est heureux d’exister de pouvoir partager son dernier grain de riz, d’être ne mesure de sourire, de rire, d’être heureux.

Si pour ma part, je me débrouille comme je peux en tant qu’électricien par nécessité, je constate quand même qu’il y a des travaux exécutés par des électriciens de métier qui laissent à désirer. Mais qui suis-je pour porter un jugement sur des choses que je ne connais pas ou si peu.

Toujours est-il que j’ai trouvé amusant la façon dont on distribue le courant électrique à Madagascar… voir image ci-dessous. Mais ne faisons pas d’un cas une généralité car Madagascar est et restera pour moi un paradis sur terre car j’y ai trouvé mon paradis.

 

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Madagascar et ses paradoxes.

22 Avril 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Il y a maintenant près de quinze ans quand je suis arrivé à Madagascar, comme de nombreux touristes j’ai loué une chambre dans un hôtel. Je me souviens que cela me revenait à environs 200€ par mois pour une chambre. Bien entendu ce n’est pas cher comparé à la France, mais en quinze ans ces tarifs ont certainement évolués également. Et naturellement j’étais obligé de manger tous les jours dans un restaurant à  cette époque. Sachant qu’il n’est pas convenable pour un client d’aller inspecter les cuisines et ce qu’il y a réellement dans la composition des menus avant de passer commande, je me suis demandé s’il n’était pas plus intéressant pour moi de louer une chambre avec salle de bain attenante chez un privé.

J’ai donc consulté plusieurs agences immobilières mais aucune ne proposait vraiment ce que je cherchais. Puis un jour, passant devant un immeuble non loin de l’ambassade de France je vois une pancarte où était écrit maladroitement à la peinture bleue « AGENCE IMMOBILIERE MENDRIKA ».

Comme les portes étaient ouvertes j’ai risqué un œil à l’intérieur et j’ai constaté que l’agence comportait une petite pièce de trois mètres sur trois avec un bureau branlant et un banc collé contre un mur sur lequel étaient assis plusieurs personnes.

Bien entendu quand on voit un visage pâle à Madagascar cela correspond à un portefeuille bien garni sur pattes. Celle qui semblait être la directrice de cette agence s’est levé de sa chaise vétuste et tout de suite s’adressa à moi avec un grand sourire, laissant sa discussion avec les autres personnes en suspend.

Je lui expliquais donc ce que je désirais et elle me dit tout de suite qu’il n’y aurait aucun problème et qu’elle ferait tout pour que je trouve ce que je cherche. Elle me dit aussi que chaque visite me couterait la somme de 1,11€ sans les frais de transport. Comme j’avais acheté à l’époque un scooter 125 cm3, elle accepta de m’accompagner par ce mode de locomotion bien plus pratique qu’un taxi qui aurait eu du mal à se déplacer dans les embouteillages constants de la capitale.

Nous avons donc visité non loin du centre-ville plusieurs appartements, mais aucun ne correspondait à ce que je voulais car soit c’était délabré, soit il n’y passait pas un seul rayon de soleil car c’était entouré d’autres immeubles.

Puis voyant que rien ne convenait à ce que je désirais, elle me proposa un studio un peu à l’écart du centre ville sur la route qui mène à l’aéroport International. Nous avons donc pris rendez-vous avec la propriétaire de la maison qui était inspecteur du travail et son mari qui était ethnologue au Centre National de Recherche de l’Environnement.

Nous sommes entré dans la maison qui était entouré d’un mur en briques de deux mètres de haut avec du fil de fer barbelé au-dessus, ce qui me paraissait déjà une mesure de sécurité qui me convenait. Puis on me présenta la pièce avec une salle d’eau attenante. La pièce était grande, propre éclairée par des fenêtres sur trois côtés et ces fenêtres comportaient une protection en fer forgé ce qui était une protection supplémentaire.

Le seul inconvénient c’est que la salle de bain n’avait pas d’eau chaude. Mais la propriétaire me dit tout de suite que cela ne poserai pas de problèmes si je payais un ballon d’eau chaude elle serait d’accord pour l’installer et que naturellement je ne payerai pas de loyer jusqu’à ce que le ballon d’eau chaude me soit remboursé.

Je n’en espérais pas tant et nous avons donc signé un contrat de bail en bonne et dû forme.

Les propriétaires vivaient à l’étage au-dessus et nous sommes devenus assez rapidement de bons amis car c’était des gens charmants avec quatre enfants très bien éduqués et une jeune femme de ménage qui veillait sur la maison et faisait les travaux ménagers en l’absence de la famille.

Au bout d’un certain temps, j’ai compris qu’ils ont loué la partie où j’ai résidé afin de pouvoir payer un étage supplémentaire à leur maison car les trois filles ainsi que la femme de ménage étaient dans l’obligation de dormir dans une seule petite chambre et le garçon dormait sur le canapé installé dans la cuisine qui comportait également un escalier en colimaçon pour monter à l’étage.

Je me sentais vraiment à l’aise chez cette famille et naturellement je n’ai fais aucune objection à ce que le montant de la location soit augmentée chaque année car le loyer me revenait à moins de 50€ par mois. Bien entendu la facture d’eau et d’électricité était en plus car ils avaient pris la précaution d’installer deux compteurs électriques et nous partagions la facture d’eau qui était minime.

Bien entendu j’ai beaucoup voyagé à l’époque car je voulais connaître les autres régions de Madagascar et naturellement à l’époque je ne possédais pas encore de visa permanent et j’étais obligé de rentrer en France tous les trois mois. Car il me fallait aussi vendre tout ce que je possédait en France pour me sentir vraiment libre et de ne plus avoir un boulet à trainer derrière moi et des impôts fonciers à régler chaque année.

Puis un jour j’ai eu un coup de cœur pour une région de la côte-Est de Madagascar où j’ai commencé à construire un abri puis une maison et j’espaçais de plus en plus mes visites dans la capitale. Quand ma maison fut achevée, et naturellement l’étage des propriétaires dans la capitale terminé également, je me suis dit qu’il était temps de rendre le studio que j’avais loué mais j’ai décidé de mon plein gré de payer encore trois mois de loyer afin que les propriétaires puissent chercher un autre locataire s’ils le désiraient. Mais comme l’agrandissement de leur maison a été finalisé également, ils n’ont pas jugé nécessaire de relouer mon studio qui a été occupé par leur fils. Ils m’ont gentiment invité à leur table encore avant que je parte définitivement m’installer sur la côte-Est.

En conséquence, je me suis dit qu’il ne fallait pas juger de l’aspect d’une agence immobilière pour trouver ce qu’on cherche car comme aurait dit un certain Plutarque, « Barba non facit philosophum » ( la barbe ne fait pas le philosophe ).

 

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Randonnée dans la brousse de la côte-Est de Madagascar

17 Avril 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Hier, comme il faisait relativement beau après de nombreuses journées de pluie, je me suis dit que ce serait le temps idéal pour me déconfiner et sortir des sentiers battus.

 Je me suis donc engagé sur un sentier de sable blanc qui serpentait entre les broussailles de Psidium, d’anacardiers et autres espèces d’Eucalyptus. Parfois c’était la bruyère qui prenait le dessus et dans d’autres endroits c’était des fougères et notamment la fougère aigles qui est un indicateur de sol acide et pauvre ou la végétation a du mal à s’implanter si elle n’est pas acidophile.

Puis au détour du sentier j’ai longé une ancienne plantation d’ananas. Il est probable que dans le passé une case était implantée à cet endroit car en général il est extrêmement rare de voir des plantations loin des habitations de peur que les produits de la culture ne soient dérobés avant même qu’ils soient totalement mûrs.

Un peu plus loin une dépression avec un sol alluvionnaire permet à la végétation de former un écrin de verdure.

 

 

  

Cette dépression annonce le lit du canal des Pangalanes qui s’étire le long de la côte-Est sur près de 600 km mais dont une bonne partie est obstruée par les jacinthes d’eau qui empêchent la navigation ou encore des dépôts de sables qui ne permettent pas aux gros bateaux de transiter. La végétation y est  si dense par endroit qu’il est difficile de s’y frayer un chemin. Puis en regardant bien on peut découvrir une jeune pousse de Bois de rose (palissandre) ou encore d’être surpris par un vieil anacardier tortueux qui cherche désespérément la lumière pour étaler ses branches.

Parfois le sentier se rétrécie puis une trouée permet de d’avancer un peu plus facilement. Je poursuis mon chemin en me demandant ce que sera ma prochaine découverte.

Un papillon qui virevolte et se pose alternativement sur une fleur puis une autre attire l’attention.

 

Ce sont des Pervenches de Madagascar qui étaient son centre d’intérêt, une plante endémique qui naturellement a été exportée dans d’autres régions du monde car cette plante se reproduit très facilement sous les tropiques. Puis il y a cette autre plante qui forme des lianes et qui possède des tubercules ( Dioscorea bulbifera ).

Dianella ensifolia avec ses baies d’un beau bleu est actuellement en fruits et quelques fleurs de Psidium montrent le bout de leurs pétales. Puis en poussant plus loin les investigations, on se retrouve au bord d’un plan d’eau ferrugineuse où une grenouille effrayé cherche à disparaitre.

La nature est si diversifiée pour celui qui y est sensible et qui peut ainsi essayer de comprendre qu’il faut protéger ces endroits en ne laissant derrière lui que la trace de ses pas. En effet peu d’endroits au monde sont encore vierges et si ces endroits ne présentent pas d’intérêts pour les

hommes, il n’en est pas de même pour d’autres espèces du vivant dont l’homme n’est qu’un maillon. Et j’irai même jusqu’à prétendre que l’homme décidément a prouvé qu’il était le maillon faible du vivant car il a fait tout son possible pour dégrader, exterminer et  polluer la planète qui pourtant ne lui appartient pas car il n’est qu’un locataire de l’endroit où il vit.

La nature lui a tout donné pour lui rendre la vie plus agréable et quel a été le remerciement ? On ne peut espérer que l’homme se réveillera un jour et qu’il se rendra compte qu’il a emprunté le mauvais chemin en adorant le dieu argent et profit au détriment de la nature qui de toute façon lui survivra car l’homme aura causé sa perte en dégradant le trésor qui lui était offert. 

De nombreuses fleurs de nymphéas et des scirpes garnissent une partie de cette zone. Heureusement j’avais prévu de chausser mes bottes et j’ai pu ainsi longer le bord et je suis tombé sur un coin où nageaient des sphaignes, ce qui permet de me dire qu’un début de tourbière est en train de se former.

En se tournant vers la gauche, une barrière d’oreilles d’éléphant est plantée comme à la parade.

Les niaoulis, ces arbres qui bordent généralement les cours d’eau ou les lacs sont en fleurs. Et non loin un zébu est attaché avec une corde à la patte et me regarde d’un air de se dire que je ne fais pas partie de son monde.                                                                                                                                                                   

 Puis continuant le sentier on arrive près du canal des Pangalanes.     

Une pirogue attend son propriétaire, prête à se frayer un chemin à travers les scirpes et les joncs pour rejoindre les eaux plus profondes du canal. Un peu plus loin d’autres pirogues sont elles aussi tirées sur le bord car c’est très tôt le matin que les pêcheurs vont à la pêche et la journée leur femmes se rendent au marché local

pour vendre ce que leur mari aura réussi à ramener dans ses filets. parfois il faut patienter pendant des heures pour vendre le produit de sa pêche car la plupart des hommes valides ont comme gagne-vie la pêche que ce soit sur l'océan fougueux ou sur la calme canal des Pangalanes ainsi que les différents lacs et bras qui composent le canal.

Cheminant à travers cette végétation on peut croiser un éleveur qui amène son zébu à la pâture. Et passant sous un oranger on constate que de nombreux agrumes tombés à terre et qui pourrissent.

Après un dernier regard sur le canal des Pangalanes qui dort au milieu de cette végétation, il n’y a plus qu’à rebrousser chemin. Et arrivé un peu plus haut, on distingue tout au bout du canal l’endroit où le canal des Pangalanes est relié à l’océan Indien avec le pont qui l’enjambe et qui sépare la ville de la brousse de Madagascar ainsi que la fin de la route goudronnée vers le sud.

C’est dans cette ville de Mahanoro que partent de nombreux bateaux chargés d’approvisionner les villes et villages qui bordent la côte-Est et qui tacataquent à longueur de journée sur le canal.

Vue du canal des Pangalanes au coucher du soleil.

 

 

 

              

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Enfer des pauvres et paradis des riches...

26 Mars 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

"C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches" selon Victor Hugo dans l’Homme qui rit.

Pour certains malgaches pouvoir se payer une portion de vache qui rit est déjà le paradis car pour gagner sa croûte il faut affronter par exemple les éléments déchainés de l'océan Indien en découpant un vieux rafiot en ferraille échoué sur la plage avec un marteau et un burin en affrontant les vagues rageuse qui déferlent sur cet amas de ferraille..

De nos jours où le moindre clou est coupé avec une tronçonneuse on ne s’imagine même pas ce que c’est que de vraiment gagner sa vie en travaillant sans machine-outil. Et pourtant à Madagascar c’est chose courante que de couper de la ferraille en se servant d’un marteau et d’un burin.

Ici on connait la valeur du travail et on ne s’imagine même pas qu’on puisse travailler de façon différente car certaines personnes ne savent même pas ce que c’est qu’une machine électrique.

Maintes fois j’ai pu assister à la vison d’un travail harassant sous un soleil de plomb. Bien entendu pour nous qui ne sommes pas habitués à voir ce genre de travail cela parait invraisemblable mais ici à Madagascar il faut savoir qu’on n’attend pas une aide de l’état pour aller chercher son argent à la banque. Ici on vit au jour le jour et on ne sait pas ce que la marmite contiendra le lendemain. Peu de personnes peuvent compter sur un salaire en fin de mois et comme 90% du travail est dans l’informel, il n’y a naturellement aucune couverture sociale et quand on tombe malade, on ne mange pas si la famille ne vient pas en aide.

Il faut savoir qu’à Madagascar neuf personnes sur dix travaillent dans l’informel dont les trois quart sont dans le secteur agricole, donc non déclaré et sans couverture sociale. Ici on ne sait même pas ce que c’est que les congés payés et les chômeur ne savent pas ce que c’est que des indemnités de chômage.

Mais ils sont libres d’entreprendre sans demander trente six permissions, trente six autorisations, trente six conditions et autres interdits comme en occident. Bien sûr que cela engendre souvent des situations un peu rocambolesques ou encore des constructions légèrement hors normes. Mais après tout si on n’empiète pas sur les libertés de l’autre on arrive à vivre en communauté.

 

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La vie ordinaire des gentilés de la brousse à Madagascar

16 Mars 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Dans la brousse à Madagascar, personne n’a d’eau courante au robinet et souvent il n’y a pas de puits non plus. D’ailleurs à quoi servirait un puits là où il y a autant d’eau qu’on le désire ?

Donc en face de chez moi il y a une vallée qui se remplit au fur et à mesure des pluies nocturnes et cette étendue d’eau sert autant aux gamins pour aller à la pêche que pour les adultes s’y tremper leur derrière ou se laver les dents que pour y laver le linge ou y faire la vaisselle.

C’est bien plus pratique que de tirer de l’eau avec une corde et un seau d’un puits.

Donc tous les matins, c’est le défilé, et les uns après les autres viennent du village situé à quelques centaines de mètres  barboter dans cette eau qui en même temps est très poissonneuse puisque les enfants viennent y pêcher de la blanchaille avec des cannes à pêche bricolées par leurs soins ou alors avec des bouts de moustiquaire qui leurs servent de filets. Souvent, les enfants repartent avec assez de poissons pour agrémenter d’un peu de protéines animales le repas de midi.

Nombreux sont ceux qui ne peuvent pas se permettre d’acheter du charbon de bois et qui vont simplement chercher du bois dans les broussailles afin de pouvoir alimenter le feu qui sert à faire cuire le riz qui colle au fond de la marmite en aluminium.

D’autres un peu plus fortuné se servent du fatapera un petit fourneau en tôle prévu pour brûler du charbon de bois. Souvent il flotte dans l’air une odeur de riz brûlé qui va servir à préparer une boisson que de nombreuse personnes ont l’habitude de boire en accompagnement de leur repas.

Les gens vivent de peu, et s’il y a des personnes, surtout des hommes, qui essayent de noyer leurs conditions de vie dans le tokagasy qui est une boisson fortement alcoolisée.

En général les gens rient, et discutent longuement entre eux et parfois ils chantent même et ils ont l'air d'être content de leur sort car ce qu’on ne connait pas, ne peut leur manquer en aucun cas.

 

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Une histoire d'Or… dinaire.

25 Janvier 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Madagascar est un pays où on trouve de l’or comme au bon vieux temps de la ruée vers l’or dans l’Ouest des States.

 On peut  voir d’ailleurs à une centaine de km de chez moi ici sur la côte Est de Madagascar tous les jours des piétons qui vont à la rivière avec leur batées en forme de chapeau chinois qui leurs permettent grâce à un mouvement circulaire de séparer les sédiments les plus légers avec  l’or plus lourd.

Et naturellement comme au bon vieux temps des westerns, il vaut mieux ne pas tremper dans le commerce de l’or surtout dans un pays pauvre où l’or est considéré comme un signe extérieur de richesse car on ne lésine pas sur les moyens pour trafiquer, bidouiller et transformer l’or en argent sans pour autant être un alchimiste.

Mais il y a des petits malins hauts placés qui sont en mesure de se faufiler à travers les lois et de faire sortir l’or du pays par la voie des airs… sans autorisation selon les uns, avec la complicité des responsables des aéroports selon d’autres sources.

En fait alors que les vols aériens sont suspendus des petits malins ont réussi  à faire sortir illégalement plus de  73 kg d’or du pays mais ils se sont fait arrêter à leur arrivée par la douane en Afrique du Sud.

L’enquête est en cours pour connaître les commanditaires de cette affaire et le Président de la République a affirmé que la tolérance zéro était à l’ordre du jour.

Wait and see... comme diraient les gentilés de la perfide Albion

 

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