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Le paradis à Madagascar

Les éléphants peuvent se tromper aussi.

30 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #CHAMPIGNONS

Errare humanum est diront les uns, il est des erreurs qui peuvent être fatales diraient les autres. En tout cas il ne faut pas toujours croire ce que moi au d'autres écrivent car celui qui ne se trompe jamais aura droit qu'on lui lance la première bière ou quelque chose de ce genre dit l'adage.
Toujours est-il que mon ami le docteur Louis, ORL à la retraite m'a envoyé un article tiré de

http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/photos-six-champignons-automne-ramasses-foret-qui-reveillent-papilles-1868868.html

dans cet article il était question de 6 champignons comestibles sauf que sur la photo de ce qu'on appelait le pied bleu et dont le binôme est Lepista nuda qui signifie Lépiste nu donc qui a un pied nu il y a une cortine brun rouille qui est la couleur de la sporée des cortinaires qui s'est déposée sur la cortine qui orne le haut du pied.
Bon il est vrai que la confusion dans ce cas précis ne serait pas trop grave car moi-même j'ai déjà mangé en toute connaissance des Cortinaires purpurescents dont il s'agir ici sur la photo mais si des confusions sont faites sur des champignons, on aurait aussi bien pu confondre la photo par exemple de la petite prune du meunier qui est un excellent comestible avec un clitocybe blanc qui lui ressemble et dont les différences sont vraiment insignifiantes et qu'on donne comme mortel. 
Donc méfiance et boule de gomme dirait mon gamin qui sait déjà reconnaître à huit ans plusieurs espèces de champignons car il est très méticuleux dans ses observations.

 

Voici la photo à gauche qui a été publiée sous la rubrique pied bleu et ce n'est qu'en lisant ce qui était écrit en tout petit qu'on comprend qu'il ne fallait pas confondre un Cortinaire avec un pied bleu.

La photo de droite montre bien un pied bleu avec un pied nu sans restes de cortine. Ainsi pour la détermination d'un champignon si on est sûr à 99% qu'un champignon est comestible, on s'abstient de le consommer car si une voiture qui passe à 100 km/h heurte 1% du corps d'un piéton, cela peut suffire à l'expédier ad patres.

 

 

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Un superbe champignon en bouquet de fleur

29 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #CHAMPIGNONS

Un jour me promenant dans une forêt de l'est de la France, j'ai eu l'occasion de m'émerveiller devant un champignon de toute beauté. Déjà très visible de par sa couleur d'un bel orangé, il présentait en plus des lobes qui me faisaient penser à un petit bouquet.
Ce champignon selon certaines sources serait comestible cru en dessert servi arrosé de Schnaps de Kirsch et saupoudré de sucre glace. Mais en ce qui me concerne, je n'ai jamais fait appel à cette recette car je m'abstiens totalement de boire de l'alcool fort et d'autre part, je mettais en place à l'époque une exposition de champignons que j'ai animé le dimanche pour les visiteurs et le lundi pour les écoles du lieu d'exposition,. Donc le lundi soir quand j'ai nettoyé les tables sur lesquelles étaient exposés les champignons, ce magnifique exemplaire n'était plus tellement frais car il était prélevé dans la nature depuis trois jours. 
En fait, si beaucoup de champignons sont passé dans mes mains afin de sensibiliser le plus grand nombre de visiteurs je n'ai pas eu l'occasion de me régaler souvent avec les découvertes les plus intéressantes par contre j'ai tout de même un palmarès assez conséquent en ce qui concerne les espèces différentes que j'ai pu ajouter à mes menus gastronomiques.

Donc si les spécialistes en champignons sont bien chaussés, ce ne sont pas eux qui mangent le plus souvent les meilleurs champignons car ils se contentent souvent de ramasser peu d'exemplaires de chaque sortes mais le plus d'espèces différentes et sont donc obligés de laisser les beaux cèpe et autre giroles pour les chercheurs qui ne connaissent que ces espèces là.

La Guépinie en helvelle (Tremiscus helvelloides) peut être consommée aussi en salade ou être conservé dans du vinaigre comme les cornichons. Et avec ses belles pétales d'un bel orangé elle ne risque pas d'être confondu avec une espèce toxique.

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Un sparassis des pins qui ne trompe pas.

28 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Il y a des champignons bons comestibles que très peu de personnes connaissent et qui ne peuvent pas être confondus avec d'autres car ils poussent directement au pied des grands pins et certains les appellent les choux-fleurs car il peuvent avoir la taille d'un ballon de foot voire de plusieurs ballons. Donc si on en trouve un, cela suffira à faire un repas pour toute la famille. J'avais un secteur dans une forêt de pins sylvestres où je pouvais en trouver une bonne dizaine dans une après-midi en quadrillant une forêt de trois ou quatre km². Son binôme latin est Sparassis crispa. Bien entendu il est un peu difficile à nettoyer car des feuilles mortes peuvent s'être glissées dans les méandres du champignon donc pour le nettoyer je le coupais  en tranches de un centimètres d'épaisseur et je  passait ces tranches sous le jet du robinet.
Il commence à pousser dès le mois de septembre et il peut se préparer de diverses façons. Pour ma part je faisais une tourte que je garnissait avec ce champignon (j'en salive encore).

Comme il revient généralement plusieurs années de suite aux mêmes endroits, j'avais pris l'habitude de repérer les endroits précisément avec un GPS portable et  je ne loupais jamais aucun d'eux quand la saison était propice à leur croissance.
Par contre il faut éviter de recueillir les sujets trop âgés car ils deviennent un peu caoutchouteux . Mais tous les goûts sont dans la nature dit l'adage… ou pas?

 

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Champignons si mignons mais mortels:

27 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

En premier lieu nous avons donc la famille Amanite dont il faut se méfier le plus mais dont les spécimens  sont facilement identifiable car en ce qui concerne l'espèce la plus dangereuse de cette famille, l'Amanite phalloïde, elle possède, soit un dessus du chapeau lisse de couleur jaune-verdâtre et blanc pour la forme blanche et les autres espèces dont l'Amanite printanière et l'Amanite vireuse  qui sont caractérisées par des lames blanches sous le chapeau avec un pied blanc qui porte dans sa partie supérieure un anneau et le bas du pied est garni d'un bulbe qui est inséré dans une espèce de sac qu'on appelle la volve.
Cette espèce n'a pas de saveur particulière car j'ai testé la saveur en recrachant bien entendu et en me rinçant la bouche. 
Je n'en ai jamais perçu d'odeur bien distingue non plus (mais je ne suis pas un spécialiste des odeurs).
C'est une espèce qui attaque le foie et on a peu de chances d'en réchapper car les premiers symptôme ne se manifestent que 12 heures et parfois seulement 48 heures après l'ingestion et il n'existe pas d'antidote spécifique. Il faut parfois pratiquer  une transplantation du foie sans oublier que les reins peuvent également être atteints.
Puis dans cette Famille d'Amanites il y a également l'Amanite panthère qui possède un chapeau strié sur le bord de couleur brun avec des flocons d'un blancs pur . Son pied blanc est également garni d'un anneau dans la partie supérieure et le bas du pied est garni d'un bulbe avec quelques bourrelets.
Puis naturellement il y a l'Amanite tue-mouche que tout le monde connait grâce à la couleur rouge du dessus de son chapeau avec des flocons blancs . Son pied est également blanc ainsi que ses lames et son pied est également bulbeux.
Bien entendu il y a de nombreuses espèces d'Amanites comestibles et d'autres qui ne présentent pas d'intérêt culinaires. Donc pour commencer il faut bien assimiler les critères d'identification afin d'éliminer le risque confusion avec des espèces comestibles de cette famille ou d'autres familles qui peuvent avoir des caractéristiques semblables en partie.


Dessin de Roland Sabatier tiré du merveilleux livre le "Gratin des champignons" de Georges Becker docteur ès Sciences en Mycologie et Roland Sabatier illustrateur de génie.

Livre que je recommande fortement car on apprend à connaître les champignons en s'amusant.

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La saison des champignons de tous les dangers

25 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Ce n'est pas parce que je me trouve à Madagascar et que c'est l'printemps ici qui s'annonce que je ne pourrai pas me permettre de penser qu'on entre actuellement de plain pied dans la saison des champignons en France. Bien entendu il vaut mieux cueillir des champignons dont le pied est plein et bien ferme que des champignons avec un pied véreux… mais après tout ce sont des protéines animales donc sans danger pour l'homme.

En effet, les revues de tous poils et plumes s'en donnent à cœur joie pour mettre en garde les ramasseurs de champignons car s'il est agréable de savourer un plat de cèpes de Bordeaux en forme de bouchon de champagne bien frais et bien consistants, il est fort possible également de ramasser par mégarde une amanite phalloïde qui est encore dans son œuf et qui ressemble à s'y méprendre à un tout jeune cèpe encore fermé. D'autant que les deux espèces peuvent très bien cohabiter dans la même niche écologique.

Il en va de même de la petite prune du meunier à forte odeur de farine qui peut être confondu avec des clitocybes mortels. Et bien d'autres espèces encore.

Bon je ne vais pas faire ici la liste de toutes les confusions qu'il est possible de faire mais il est une règle invariable qui vous mettra à l'abri d'une erreur, c'est d'apprendre bêtement tous les caractères d'identification des espèces toxiques voire mortelles. et ainsi on éliminera le risque car pour ce qui est des autres champignons ils seront très bons, bons, médiocres comestibles ou simplement âcres, amers, ou détestables quand ils ne seront pas trop coriaces pour mettre dans la marmite.

Bien entendu, il n'y a pas de trucs pour savoir si un champignon est comestible ou toxique donc vous commencez par exemple à chercher tous les caractères des amanites mortelles car il y en a plusieurs espèces et formes. Puis vous passez à une autre famille et ainsi de suite jusqu'à ce que vous ayez bien assimilé les risques que représentent les espèces toxiques et mortelles ou simplement indigestes.

Il ne faut pas perdre de vue non plus que les champignons ne sont pas des plantes ordinaires car contrairement aux plantes vertes qui fabriquent des sucres grâce à leur fonction chlorophyllienne, les champignons n'en sont pas capables par contre ils absorbent le sels minéraux qui se trouvent dans le sol et certaines espèces font un échange avec les plantes vertes en bons voisin du genre "passe moi le sucre, je te donne du sel en échange". Ce qu'on appelle la symbiose par endomycorhize ou ectomycorhize c'est à dire en pénétrant par exemple les radicelles des arbres ou en créant un manchon autour des radicelles.

En fait si on se plonge dans le domaine des champignons, il y a de quoi s'occuper pendant toute sa vie et on n'est jamais au bout de ses surprises car on pourrait écrire un livre sur chaque espèce parmi toutes les espèces qui existent sur la terre,

Nous consommons tous les jours des champignons sans le savoir car ils sont partout même sur vous car il n'y a pas que les champignons macroscopiques mais également des champignons microscopique qui nous sont bénéfiques mais d'autres peuvent s'avérer dangereux et créer des maladies comme des mycoses, les moisissures, etc.

Mais en fait, les champignons jouent un rôle essentiel pour la vie sur terre car sans champignons, il n'y aurait probablement aucune vie possible sur terre.

Bon je vais arrêter là pour ne pas lasser le lecteur mais je pourrai écrire un livre avec toutes les connaissances que j'ai acquis sur les champignons et une bibliothèque avec tout ce que je ne connais pas encore sur les champignons.

Une exposition de champignon que nous avons mis en place avec mon ami Alphonse dans une grande surface de l'Est de la France afin de sensibiliser les personnes intéressées.

Entre cent et deux cent champignons différents ont été ramassées le jour précédant cette exposition mycologique et certaines espèces ont été présentées à différents stades de leur croissance. Toute la journée les gens de passage ont pu poser des questions et avoir un contact direct avec les espèces fongiques car certaines espèces se reconnaissent à leur odeur, à leur saveur, à leur consistance, à des critères bien particuliers, et seule une connaissance rigoureuse des espèces dangereuses peut permettre d'éviter le danger de confondre une espèce comestible avec une espèce toxique ou mortelle.

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Les vols de bétails dans la région du Menabe et dans le Sud-Ouest de Madagascar

25 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Plusieurs paragraphes étonnants que j'ai pu relever dans le livre d'Emanuel Fauroux concernant les vols de bétails sont toujours d'actualité de nos jours car il n'y a pas si longtemps, ma femme qui possédait un zébu qui était gardé dans le village de sa mère a été volé et on a découpé la bête sur place pour aller la vendre au marché  et on peu ainsi lire dans une étude sérieuse que les vols de bœufs, depuis des siècles, sans doute, font partie intégrante de ce qu’on pourrait appeler un "mode de production".
Plusieurs types de vols sont à noter:
Au temps de la Monarchie dans le cadre de leurs activités guerrières , certaines groupes de personnes entreprenaient des raids aux dépend des groupes politiques qui leur étaient hostiles ou qui ne reconnaissaient pas l’autorité de leur souverain. Lorsque les raids étaient victorieux, ils donnaient lieu à un butin comprenant notamment des bœufs. Les bêtes capturées qui avaient survécu aux ripailles organisées après la victoire, pouvaient être jointes aux troupeaux des vainqueurs ; il s’agissait d’une activité connue de tous, honorable, en quelque sorte. 
Depuis l’époque coloniale et l’instauration de la paix française, il n’y avait plus de vols légitimes, et seulement en de très rares occasions, au début du XXè siècle, les vols ont pu être considérés comme un acte de résistance face à l’envahisseur. 
On doit distinguer, aujourd’hui, les vols inter-lignagers, qui s’effectuent généralement à petite échelle, et les vols qui relèvent du grand banditisme, réalisés par des hommes armés, capables de tuer s’ils rencontrent une résistance. 
Les vols inter-lignagers ont toujours existé et font partie des institutions de certaines ethnies. Ils avaient, et ont encore- fréquemment comme auteurs de jeunes hommes désireux de faire leurs preuves et d’affirmer leur virilité et leur courage aux yeux de leur entourage. Il s’agit alors de vols pratiqués quand l’occasion s’en présente (on découvre un beau bœuf non gardé au hasard d’un déplacement) ou pour faire face à un soudain besoin d’argent. 
Dans un autre cas, ce type de vol n’est qu’une façon de régler un contentieux ancien entre deux lignages, les vols dans un sens appelant, en représailles, les vols dans l’autre sens. Ou tout simplement du désir de nuire à un adversaire, à un personnage que l’on jalouse, ou dont on a eu à se plaindre… Les bœufs sont alors volés en très petits nombre; ils sont abattus et partiellement dévorés à la hâte ou, mieux, quand cela est possible, confiés à un intermédiaire clandestin : ils ne peuvent grossir le troupeau du voleur, qui ne souhaite évidemment pas être découvert.
Voir : AOMBE 2 « Le bœuf et le riz dans la vie économique et sociale Sakalava de la vallée de la Maharivo » Era 1989 Emmanuel Fauroux Editeur Scientifique »

 Un zébu avant le vol

Le même zébu après être découpé en morceaux à la hache prêt à la vente


 

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Rencontre avec un scientifique

24 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

A Morondave, j'ai fais la connaissance de Emmanuel Fauroux qui a fait des études scientifiques très poussées sur la vie sociale et l’économie des habitants d’une partie de cette région du sud-ouest de Madagascar. Plusieurs narrations m’ont amusée dans une de ses publications qu'il m'a prêté et dont j'ai fais mon livre de chevet car il n'y avait pas de télé à l'hôtel.
Plusieurs passages que j'ai relevé dans son livre me paraissaient surréalistes pour certaines car on peut dire que mes leçons de morales que je recevaient à l'école de mon enfance ne m'avaient pas préparé à ce genre de conception de la vie. 
Ainsi je peux lire au chapitre des alliances dans la société traditionnelle que l'union entre un homme et une femme était souvent éphémère en pays de l'ethnie Sakalava et que le mariage était une institution qui n’avait guère d’importance et se défaisait facilement. 
On se mariait, en moyenne, trois ou quatre fois dans la vie, souvent plus. Les femmes âgées interviewées avaient eu entre quatre et dix maris. 
Ainsi on peut lire par exemple que Narina avait environ soixante ans s’était mariée quatre fois. D’abord avec un homme de son village natal, qui cultivait là bas des champs situés sur les berges des cours d’eau. Ils cultivaient ensemble du manioc, des pois du Cap, des patates douces… Ils vivaient bien, car à l’époque on vendait facilement, à bon prix, la récolte de pois du Cap. Pourtant ce premier mari ne lui avait jamais offert de bœuf, et elle n’a pu avoir d’enfant avec lui. 
Elle s’est ensuite mariée avec un boucher, puis avec un militaire de carrière. Et enfin avec un éleveur. 
Son mari éleveur est mort, il y a plus de trente ans. De son vivant, lorsqu’il obtenait des bœufs contre la vente de produits agricoles, il lui donnait un sur trois. En de multiples autres occasions, aussi, il lui donnait un bœuf. Quand son mari est mort, son troupeau avait soixante dix têtes, mais comme elle n’avait que des filles, elle a dû faire garder son troupeau à droite et à gauche par des parents. Entre les bœufs qu’elle a dû sacrifier pour des funérailles familiales, et ceux qui ont été perdus ou consommés par les personnes qui les gardaient, elle a finit par tout perdre et, maintenant, elle est définitivement pauvre.
Voir : AOMBE 2 « Le bœuf et le riz dans la vie économique et sociale Sakalava de la vallée de la Maharivo » Era 1989 Emmanuel Fauroux Editeur Scientifique » 

Culture en bord de zône humide à Madagascar

Les zébus sont comme la caisse d'épargne en France c'est de l'argent placé qui donne des veaux à la place des intérêts.

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Morondave me voila

23 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

J'étais suis assis dans ce taxi-brousse en direction le sud-ouest après mon retour de l'île de la Réunion. Ma moto chinoise bien arrimée sur le toit du taxi-brousse.
A sept cent kilomètres par la route et trois cent soixante quatre kilomètres à vol d’oiseau de Tana (Antananarivo), la ville de Morondave est la ville la plus importante de cette région du Menabe. 
C’est un coin où il fait très chaud toute l’année et où la mer ne cesse de grignoter la terre au point que plusieurs villages et même un bout de la ville se trouvent maintenant recouverts par les eaux du canal du Mozambique qui sépare l’Afrique de Madagascar. 
Les rues sont ensablées et il est très difficile d’y circuler en moto si on n’est pas habitué. Ce sable blanc et très fin n’a guère d’adhérence et la moto chasse au moindre manque de vigilance.
 Imaginez une ville du Far ouest américain construite à la hâte avec de la tôle ondulée et du bois où, non pas un virevoltant (plante séchée par le soleil "tumbleweed") traverse la rue en roulant, poussée par le vent, mais un sachet en plastique gonflé par une douce brise venue de la mer traverse la rue bordée de petite baraques qui proposent des fripes, ou des tas de produits chinois à des prix défiants toute concurrence. 
On y trouve également comme partout à Madagascar des sortes de beignets gras contenant parfois de la viande hachée et qui attirent une multitude de mouches. 
Certains marchands chassent les mouches tant bien que mal avec une sorte de martinet où les lanières de cuir sont remplacées par des bandes de plastique. 
On découvre également des restaurants et des hôtels très sympathiques qui parfois bordent la plage et où les vagues viennent mourir à dix mètres de vous pendant que vous prenez votre petit déjeuner sous une paillote. 
Pour nous européens, la vie n’est vraiment pas chère car si vous pouvez obtenir une chambre qui donne sur la mer avec une douche à eau froide pour un prix défiant toute concurrence, un repas copieux de poisson sauce coco au riz ou aux petits légumes ne déchirera pas votre bourse non plus.


 

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La vie en rose quand on n'a pas de soucis

22 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

En ce temps là, les Frangipaniers émerveillaient avec leurs fleurs nacrées et il aurait été si facile d’en faire des colliers pour suspendre au cou des touristes, mais ceci se faisait déjà dans une autre partie du monde où on a un peu plus d’imagination qu’ici. 
Les Bougainvilliers, les Thunbergias, Poinsettias, Hibiscus, Pourpiers et bien d'autres innombrables touches colorées dans la nature m'offraient un spectacle permanent, de quoi voir la vie en roses si on n'a pas de soucis (Ces deux dernières fleurs par contre sont un peu plus rares à Madagascar).
Mais lorsqu’il y a une telle profusion de fleurs de fruits et de légumes est-il nécessaire d’avoir aussi tout le confort d’une vie occidentale ou encore d'être entouré de ce qu'on avait en France? 
Arrivé le jour où je devais laisser derrière moi toutes ces pensées et découvertes pour regagner la France afin de refaire un nouveau visa d’un trimestre et reprendre de plus belles mes aventures.
J'ai décidé de faire un saut de puce en avion jusqu'à l'île de la Réunion plus proche, avec un voyage beaucoup moins fatiguant car j’ai encore tant de choses à découvrir afin de pouvoir les raconter dans quelques années à mes arrières petits enfants car pour mes petits enfants c’est presque trop tard déjà… il ont à faire leur vie et à accumuler leurs propres aventures et mésaventures.
Je perçois un contraste saisissant entre Madagascar où règne la pauvreté en maître et l'ïle de la Réunion où on sent vraiment le "tip top" comme diraient les allemands.
En effet on n'a pas lésiné sur les moyens pour donner une image positive à cette partie de la France qui bénéficie tout naturellement de beaucoup de subventions.

 

Quand on n'a pas de fleurs de soucis on peut voir la vie en rose.

Est-ce l'homme ou la nature qui a inventé la dentelle?

Les fleurs de Frangipaniers se conjuguent en rose

Mais aussi en d'autres douces teintes pour ceux qui sont plus exigeants dans les couleurs.

Et que dire des nombreuses variétés d'Hibiscus qui se parent de douces teintes mais peuvent également avoir des formes schizophréniques.

La nature peut vraiment nous étonner par ses facultés telle cette fleur d'Hibiscus qui parée d'un rouge qui s'assombrit en son centre pour laisser jaillir un feu d'artifice.

Et encore une fleur d'Hibiscus qui semble s'envoler de son écrin de verdure.

Thunbergia, quel drôle de nom pour une si belle fleur.

Et c'est sur cette image de Bougainvilliers que s'achève mon article de ce jour.

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C'était la dernière ligne droite avant le retour en France 

21 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #MESAVENTURES

Nous sommes la veille de Noël et toujours pas de piste sérieuse concernant mon voleur qui m'a dérobé mes économies.. 
Un des témoins qui avait été convoqué par la police a pris la fuite et cela retarde d’autant notre enquête (en fait, quand un prisonnier prend la fuite, cela sous-entend qu'il a réussi à charmer ses surveillants en leur offrant un "koli koli": pot de vin). 
Comme les prisons sont sursaturées et qu'il n'y a plus de place pour d'autres occupants, on s'arrange pour que les prisonniers puissent s'échapper… parfois… mais cela ne veut pas dire qu'on ne fait pas d'efforts pour améliorer la situation.
J’ai donc demandé qu’une nouvelle réquisition soit préparée et qu’on fasse un transfert de compétences au commissariat de la ville où se cache le voleur pour éviter des déplacements onéreux juste pour auditer un témoin en relation téléphonique avec notre voleur par exemple. 
Les fêtes de fin d’année vont retarder d’autant l’enquête et il ne me reste guère plus d’un mois avant de revenir en France, histoire de refaire un visa de trois mois, durée maximale si on n'est pas résident.. 
D'autre part, il vaut mieux ne pas faire l’expérience d'être enfermé dans une prison malgache où la famille est obligée d’apporter de la nourriture aux prisonnier pour empêcher qu’ils ne meure de faim… Donc je préfère être à ma place qu’à celle de mon voleur s’il se fait prendre. 
De toute façon, je ne m’attarderai pas trop chez moi en France où il doit faire froid et humide. 
Ici, c’est en fin d'année que le plus grand nombre de plantes fleurissent et où les fruits et légumes seront disponibles à profusion pour un prix ridicule.
D'autant que si les pensions n'augmentent plus depuis un bail en France, vu que le cours de l'ariary, qui est la monnaie malgache a perdu énormément de sa valeur depuis que je suis résident dans le pays, et de ce fait, même si la vie augmente, le niveau de vie d'un français actuellement à Madagascar est beaucoup plus avantageux grâce au change.

Non ce n'est pas la porte d'entrée d'une prison… et à l'heure actuelle on n'emploie plus de pierre roulante pour obstruer un passage comme sur la photo.

Ici à l'heure actuelle, on a des cadenas chinois pour interdire l'entrée ou la sortie et qui sont la parfaite imitation des cadenas qu'on trouve en France sauf que les cadenas d'ici ne fonctionnent pas toujours très bien et certains peuvent se fermer mais on n'arrive plus à les ouvrir (les gentilés les appellent les "kadana")

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Le plus féroce des prédateurs sur terre

20 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

De retour dans la capitale, je fais un peu de prospection dans les espaces verts et je cadre des phasmes qui ne sont pas trop rares ici, à condition de ne pas les confondre avec des végétaux. Ces phasmes ont la particularité de se fondre dans leur environnement. (Mimétisme) 
Parfois on peut croiser également des enfants qui se promènent dans les ruelles avec un bambou en haut duquel est accroché un caméléon. Après m’être renseigné, il parait qu’ils organisent des combats de caméléons. Ce sont généralement de petits caméléons verts qu’il est possible de capturer sans aucune difficulté dans les buissons des espaces verts de la capitale. 
Dernièrement, j'ai même croisé une femme assise au bord d'un trottoir en ville avec un bambou au bout duquel était accroché un grand caméléon de plus de trente centimètres. Elle voulait le vendre, et quand on arrive à un tel comportement, c'est qu'un ventre creux pousse souvent les gens à ne plus se soucier de rien et que la seule arme des caméléons qui est de changer de couleur ne les sauve plus des prédateurs dont l'homme peut parfois en être le plus féroce.

La mante religieuse attend patiemment qu'un insecte passe à portée de ses pinces pour s'en emparer et en en faire son repas sans autre forme de procès.

D'autres phasmes imitent les nervures des feuilles et parfois se trompent de sens. Ce phasme (Carausius morosus) a la particularité de faire le mort quand il se sent menacé et il replie ses pattes le long de son corps pour ressembler à une brindille. Les femelles peuvent donner naissance à d'autres femelles sans être fécondées. Ce phasme se nourrit  de feuilles de certaines plantes.

On peut observer des caméléons qui se fendent un chemin entre les feuilles en se fondant dans la masse dans certains espaces verts de la capitale. 

Ces caméléons qui sont des insectivores peuvent projeter leur langue à grande vitesse pour attraper les insectes. Certaines espèces possèdent une langue qui est parfois deux fois plus longue que leur corps… (imaginez un homme mesurant un mètres quatre vingt avec une langue de  trois mètres soixante…)

La langue de cet animal est très visqueuse et le caméléon projette sa longue langue à la vitesse qui peut atteindre presque les cent kilomètres heure et cela peut se réaliser en un centième de seconde (J'ai eu la chance de pouvoir photographier partiellement la projection de la langue de cet animal dont la plupart des espèces se trouvent à Madagascar.

 

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Quand la police s'en mêle…

19 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

J’ai suivi seul une autre piste peu sérieuse qui m’emmenait à Mahajunga dans le Nord-ouest de l’île et j’ai distribué à tous les hôtels de la ville mon avis de recherche. 
Pourtant un avis de recherche officiel avec un tampon du ministère de l’intérieur, secrétariat d’état chargé de la sécurité publique, direction de la police nationale, direction de la police judiciaire, et enfin service central des affaires criminelles a été envoyé dans les commissariats et les bureaux de gendarmerie des principales villes du pays sans résultat. 
Le hasard veut qu’une personne comme on aimerait en connaître beaucoup me dit que le directeur de la police en question est justement un copain de promotion et que si je le désirais, il se ferait un plaisir de m’accompagner rendre une visite de courtoisie à son copain. 
Le directeur de la police se montre très coopératif et après un coup de baguette magique ou plutôt un coup de téléphone à qui de droit, il débloque l’affaire et voilà mes policiers plus déterminés que jamais à coup de tatanes dans les jambes des suspects pour leur faire avouer ce qu’ils savent sur le voleur. 

A défaut de trouver une piste sérieuse dans mon enquête, je pars en quête de curiosités locales et parfois on peut faire des rencontres spectaculaires comme ce baobab au tronc démesuré contrairement au corps de la jeune et charmante personne qui a posé sur la photo.
 

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Tamatave la ville aux parfums tombés du camion.

18 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Tamatave est une ville portuaire de l’Est du pays au bord de l’océan indien. De nombreux pousse-pousses sillonnent les rues de cette citée où il pleut très souvent et qui est très exposée aux nombreux cyclones qui traversent l’île.
 Encore et toujours cette attente. Depuis trois semaines maintenant nous attendons avec impatience les résultats de la nouvelle réquisition. J’ai le sentiment profond d’avoir été lâché par mes enquêteurs depuis que j’ai distribué dans la rue plusieurs centaines de photos du voleur avec la promesse d’une prime à qui fournira des renseignements permettant d’arrêter le voleur. 
Le commissaire principal m’avait pourtant déconseillé d’avoir recours à ce système mais devant les résultats décevants des enquêteurs, j’ai pensé que c’était encore le meilleur moyen d’avoir des résultats positifs. 
Bien entendu j'ai été également hélé par des tas de marchands qui vendaient des parfums dont on ne connaissait pas la provenance. Ces parfums entêtants qui indisposaient ceux qui se laissait séduire par le bel emballage étaient probablement des "parfums tombés du camion".
 Des parfums qu'il était impossible de vendre à cause de leur puanteur ou des lots anciens quand ce ne sont pas des séries industrielles bas de gamme, ou tout simplement de la marchandise volée.

La plage de Tamatave après un cyclone. On y trouve du bois à volonté et parfois il faut être deux pour transporter de longue tiges de bambous.
 

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A la poursuite d'un lascar sur la côte-Est de Madagascar

17 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Des enquêteurs en civil  m’accompagnent une fois de plus pour retrouver mon voleur. 
Nous voilà de nouveau en route une fois de plus avec un inspecteur et deux enquêteurs ainsi qu’une complice qui se dit prête à collaborer. Ils sont tellement convaincus de pouvoir rentrer avec un wagon de complices et du voleur que je ne peux que me laisser envahir par cette confiance.
La journée commence mal car après un voyage en taxi-brousse qui a duré une bonne partie de la nuit, nous arrivons tous les cinq fourbus et accueillis par une pluie tropicale devant le seul hôtel qui dispose encore d’une chambre à deux lits.

Le jour se lève sur cette ville de la côte Est et les pousse-pousses zigzaguent entre les flaques d’eau qui par endroits recouvrent entièrement la route.

Nous décidons donc de commencer tout de suite nos investigations et d’aller quérir l’une des personnes en contact avec notre voleur. Malheureusement celui-ci nous dit l’avoir vu il y a quatre jours de cela et qu’il n’a aucune idée de l’endroit où il pourrait se trouver maintenant.

Les deux autres personnes détiennent un certificat de perte de leur téléphone, ce qui leur évite d’être suspectés et nous nous rendons à l’évidence qu’il est difficile de demander une réquisition pour chaque personne qui était en contact téléphonique avec notre voleur.

Nous décidons donc de demander une réquisition pour la personne qui a le plus grand nombre de relations téléphoniques et qui se sert du téléphone qui appartenait à un certain Arsénio qui nous a montré un certificat de perte de son téléphone.

 Une rue de Tamatave le matin après la pluie.

L'animation commence par le ballet des pousse-pousses qui cherchent les premiers clients qui se rendent à leur travail ainsi que les écoliers qui vont à l'école.

Sur la côte-Est de Madagascar, il pleut souvent la nuit mais l'eau a vite fait de s'évaporer dès que le soleil commence à baigner la ville de ses rayons 

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De retour dans la capitale Tananarive (Antananarivo)

16 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Je retrouve une fois de plus les magnifiques jacarandas qui forment un tunnel de fleurs mauves sur la route qui borde le lac d’Anosy dans la capitale. Ces arbres aux fleurs splendides sont d’autant plus curieux qu’ils pleurent de grosses gouttes d’eau. 
Ce pays est vraiment paradoxal car si certains endroits peuvent dégoûter par leur puanteur, leur crasse et par leur pollution visuelle, d’autres sont vraiment enchanteurs. 
Le lac offre le spectacle des hérons garde-bœufs qui guettent la surface de l’eau à la recherche de petits poissons.
Le héron anthracite ou plutôt l’aigrette ardoisée (Egretta ardesiaca) emploie une autre méthode qui consiste à déployer ses ailes en parapluie pour éviter les reflets du soleil sur l'eau et ainsi mieux voir ses proies. 
Les rapides Martins pêcheurs comptent plutôt sur leur vitesse et telles des flèches d’un bleu-outremer trouent la surface de l’eau pour y embrocher leurs proies.

Les jacarandas forment un tunnel de fleurs le long du Lac d'Anosy dans la capitale de Madagascar.

On peut voir des aigrettes sacrées (Egretta sacra) chasser de petits poissons.

Cet oiseau a une manière bien particulière pour pêcher car il étend ses ailes en éventail afin peut être de ne pas être ébloui par le soleil pour mieux repérer ses proies ou alors pour que les poissons viennent se mettre à l'abri sous ce "parapluie"? (Je n'ai pas trouvé d'explications sur Internet.)

Les Aigrettes garzettes (Egretta garzetta) sont très fréquents aux environs des plans d'eau et même dans les rizières de la capitale.

Ces oiseaux apprécient des perchoirs naturels.

On peut les observer par centaines le long des berge de l'île aux oiseaux qui se trouve près du quartier des hydrocarbures près d'une ancienne gare qui n'est plus en service. Et entre autres on peut également apercevoir des sarcelles "vivi" (Anas crecca)

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Nouvel épisode et enfin des indices.

15 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

 J’attends dans cette ville du sud en bord du canal de Mozambique en compagnie des policiers avec un océan de patience la réponse de l’opérateur de téléphonie. Le procureur de la république n’ayant fait aucune difficulté pour rédiger la précieuse réquisition adressée à l’opérateur des téléphones mobiles qui doit nous fournir l’adresse et le détail des appels des personnes qui étaient en relation téléphonique avec notre voleur. 
Nous pensons qu’il vaut mieux rester sur place tant que nous ne savons pas où se cache notre voleur. 
Les journées nous paraissent longues et chacun en profite pour s'adonner à des activités annexes.
Pour ma part, j'ai attrapé des ampoules aux pieds à force de marcher dans des chaussures "non tropicalisées". C'est dans un cabinet de massage qu'une gentille personne me colle un cataplasme d'argile. Selon cette personne l'argile possède des propriétés antiseptiques, cicatrisantes et hémostatique ce qui effectivement soulage ma douleur et en une séance par jour pendant plusieurs jours tout en rentré dans l'ordre.. 
Dès que nous recevons ce précieux papier sur lequel sont enregistrés tous les appels téléphoniques du voleur, nous constatons qu’il est inutile de rester dans le sud du pays et que c’est plutôt à Tamatave grande ville portuaire sur la côte Est que résident les personnes avec qui le voleur a eu des appels téléphoniques. 

Un dernier petit tour sous le tropique du cancer en pirogue avant de remonter vers la capitale de Madagascar, passage obligé pour aller vers Tamatave en taxi-brousse.
 

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Les pousse-pousses à Tuléar

14 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Si j’effectue la plupart de mes déplacements à pied, nos deux enquêteurs préfèrent se payer pour l’équivalent de quelques dizaines de nos centimes des pousse-pousses pour les transporter sur des courtes distances. Souvent ces moyens de transport rudimentaires qui pullulent dans certaines villes de Madagascar sont tractés par de jeunes malgaches qui n’ont même pas les moyens de s’offrir des chaussures et courent pieds nus sur l’asphalte brûlant pour un salaire de misère. Parfois le client se fait rare et ils attendent en rangées le long des trottoirs en hélant les passants d’un « pouch » qui fait penser qu’ils emploient leur dernier souffle dans un expir suppliant. Parfois lorsqu’ils ne connaissent pas le lieu de destination ils vont au hasard et s’arrêtent pour demander leur chemin aux passants. 
Ils sont même prêt à attendre gratuitement pendant plusieurs heures si on leur promet d’utiliser leur service. Parfois ils sont obligés de traîner des personnes qui font le double de leur propre poids. Les brancards de leur gagne-pain sont de ce fait assez longs pour qu’ils puissent régler leur position afin d’équilibrer le poids à tirer. Je ne me sens pas capable d’utiliser ce moyen de transport écologique, tout en sachant parfaitement que cela leur permettrait de gagner leur vie. 
Mes scrupules m’interdisent de voir un homme me traîner en courant devant moi tandis que je serais assis tel un pacha dans ce fragile véhicule à deux roues. Pourtant de très nombreuses personnes utilisent ce moyen de transport et les enfants en bas âge utilisent avantageusement ce moyen pour faire le trajet entre l’école et leur maison, ce qui leur évite de se faire renverser par une voiture car le plus souvent, lorsqu’il y a des trottoirs, ceux-ci sont encombrés par les marchands qui y étalent leurs marchandises.

Les premiers pousse-pousses en été introduits par les chinois qui sont venu à Madagascar puis le pousse-pousse a évolué car on lui a accroché un vélo modifié afin que ce moyen de transport soit un peu plus rapide et à l'heure actuelle se sont les tuk-tuks, genre de moto bâchée avec une banquette à l'arrière qui remplacent peu à peu les vélo-pousses.

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Il y a enquête et quête...

13 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #MESAVENTURES

Les jours se suivent et mes économies fondent sous le soleil sans que l’enquête ne nous apporte rien que de vains espoirs . 
Monsieur cent mille volts comme je surnomme l’un des enquêteurs qui semble être taillé dans du palissandre n’est pas prêt à céder au pessimisme. Il se dit prêt à suivre le voleur jusqu’en Amazonie si nécessaire.
Et ils ne font pas les choses à moitié mes deux enquêteurs car sous leur chemise ils portent à même la peau un étui avec de vrais pistolets chargés qu’ils sont fiers d’exhiber quand ils ont décidé de se payer un peu de bon temps en éclusant par exemple huit grandes bières à deux en moins d’une après-midi. 
Ceci à mes frais bien entendu, comme tout le reste d’ailleurs, hôtel, restaurants, frais de transport et même les unités de leurs téléphones portables. Je me sens obligé de leur faire la leçon et de les menacer d’arrêter de financer cette enquête sur le champ et de faire mon rapport au commissaire en rentrant s’ils persistaient dans leur comportement inqualifiable. Cela leur a donné une douche froide à tous les deux et ils m’ont supplié de leur pardonner et m’ont juré que cela ne se renouvellera plus. 
J’ai donc décidé que pour réduire les dépenses nous arrêtions de jouer aux flics américains et au lieu de nous promener en 4 x 4 en ville, nous effectuerons désormais nos trajets courts à pied et les autres en taxi-ville qui sont généralement de vieilles 4 L ou de mythiques 2 CV. 

Le sympatrique enquêteur qui jurait de poursuivre les voleurs jusqu'en Amazonie si nécessaire.
 

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Sous le soleil de Tuléar et sa région

11 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #MESAVENTURES

Après avoir bataillé et transpiré plus que nécessaire, nous voilà arrivés à bon port dans ce petit village au bord de la mer du canal du Mozambique. En parlant de village, je ne vois que quelques cabanes en bois et en matériaux naturels qui ne comptent qu’une pièce chacune. Mais si nous faisons connaissance avec la famille proche du voleur, pas de trace du voleur et sa famille nous avoue ne plus l’avoir vu depuis des lustres. Par contre la famille nous indique une autre piste plus proche de la mer qui est plus praticable pour le retour en ville.

Cette fois, c’est la végétation qui met à mal la peinture du véhicule car la piste est bordée d’épineux plus hauts que le véhicule et les branches fouettent celui-ci au point d’y tracer de longues éraflures. 
Nous arrivons enfin en ville afin d’y surveiller les boîtes de nuit et autres lieux de divertissement. Vers trois heures du matin, nous décidons d’aller prendre quelques heures de repos. Je m’affale sur le lit de l’hôtel en faisant tourner au maximum les pales du ventilateur et en ayant soin d’ajuster ma moustiquaire afin de ne pas laisser perturber mon sommeil par des insectes qui sont les animaux les plus dangereux de la grande Île car certaines espèces femelles d’anophèles véhiculent le parasite plasmodium qui provoque le paludisme.

Même avec tous les lézards, geckos et autres caméléons de toutes les couleurs très abondants dans la région et qui se nourrissent d’insectes, ces derniers sont très nombreux et souvent agaçants.

Pour me changer les idées afin de ne pas devenir triste et afin de chasser le mal-être qui pourrait s'installer au fond de moi , je me change les idées comme je le peux en admirant la nature, la faune et la flore et naturellement les conditions de vie des humains, leur manière de vivre etc.

Bien entendu il y a des gens heureux, il y a aussi ce fléau qu'est le paludisme qui est véhiculé par des moustiques du genre anophèles.

 Heureusement à Madagascar on trouve de nombreux prédateurs qui se nourrissent d'insectes afin de limiter leur nombre car si certain insectes pondent leur œufs dans l'eau stagnante et que les grenouilles, crapauds, poissons et autres en consomment pas mal,  il y a également de nombreux animaux terrestres qui en consomment journellement comme par exemple l'iguane à queue épineuse appelé également lézard de Madagascar(Oplurus cuvieri)

 Le caméléon géant de Madagascar qui est endémique peut mesurer jusqu'à 70 cm de long et comme tous les caméléons il peut tourner ses yeux globuleux indépendamment l'un de l'autre ce qui lui permet d'avoir une vision exceptionnelle et une légende malgache dit que le caméléon peut regarder en même temps vers le passé comme vers l'avenir car il peut tourner un œil vers l'arrière et l'autre en observant ce qui est devant lui. (Furcifer oustaleti)

Le caméléon rhinocéros comme d'autre caméléons parmi les 70 espèces qu'on peut trouver à Madagascar est très particulier avec son nez proéminent (Fucifer rhinoceratus). 

 Cette espèce de Gecko d'un vert fluo se nourrit autant d'insectes que de fruits et on peut même l'apprivoiser car j'en ai vu un qui venait manger des bouts de fruits jusque dans ma main. il en existe une variété qui peut mesurer 30 cm et même 35 cm d'après la littérature (Phelsuma Madagascariensis) 

Naturellement le mimétisme est de rigueur chez certain geckos qui ont l'art et la manière de se "déguiser" en écorce pour mieux disparaître dans le décor et cela me rappelle ce que je devait enseigner aux bleus à l'armée quand j'était moniteur chez les commandos du 23 ème régiment d'infanterie à Metz devant-les-ponts avant de mériter mes premières sardines (galons): faire FOMEC c'est à dire faire disparaître les Formes, les Ombres, les Mouvements, les Éclats, ainsi que les Couleurs. 

Un petit caméléon rhinocéros que les gamins sont venus me vendre contre une poignée de bonbons. Puis j'ai relâché ce petit bout de rhino dans son élément de verdure.

Petit caméléon tapis ou caméléon à pierreries je ne saurai faire la différence... avis aux spécialistes.

Naturellement il y a aussi les mantes relieuses très nombreuses qui ne dédaignent pas les insectes qui ont l'imprudence de se trouver à portée de ses pinces redoutables. 
 

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Début d'une enquête policière 

11 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Cela fait plus de quinze jours maintenant que je sillonne l’île Rouge avec un inspecteur et un enquêteur de la police criminelle de Tananarive à la recherche du voleur qui m’a subtilisé une bonne partie de mes économies. 
J’ai accompagné les deux policiers dans le sud de la Grande Île (pour financer bien entendu l'enquête) en étant persuadé que le voleur allait se cacher à presque mille kilomètre au sein de sa famille. Nous avons donc, muni d’un ordre de mission, débuté notre enquête juste sur le tropique du capricorne. 
Dans la région de Tuléar Il fait chaud, très chaud et même les plantes se munissent d’épines pour empêcher les zébus de les priver de leurs précieuses feuilles.
A bord d’un soit disant quatre roues motrices nous roulons péniblement dans les sillons creusés dans le sable par les rares véhicules qui sillonnent cette région sèche et déserte dont le décor se résume à des buissons épineux écrasés par un soleil implacable.

De plus en plus souvent, des cailloux raclent maintenant le dessous du véhicule qui a de plus en plus de difficultés à avancer et les roues commencent à ne plus trouver prise dans le sable fin dans lequel elles se sont enfoncées.

Nous décidons donc de quitter ce véhicule pour avancer à pied en laissant le chauffeur du véhicule se débrouiller avec son véhicule allégé de nos poids respectifs dans l’espoir de trouver un tronçon de piste plus favorable un peu plus loin car il nous reste encore plusieurs heures avant d’arriver dans ce petit village de pêcheurs où sont censés habiter les membres de la famille du voleur, qui nous l’espérons vont nous fournir des indications permettant d’avancer dans cette enquête. 
L’inspecteur choisi ce moment pour aller à des affaires pressantes et je serais curieux de savoir comment il va se débrouiller pour se nettoyer car à part le sable et les plantes épineuses, je ne vois aucune autre solution pour remplacer le précieux papier toilette qui est utilisé chez nous… J’espère qu’il ne s’est pas servi de son ordre de mission pour cela. 

 

Les plantes des régions chaudes se garnissent d'épines afin de protéger leurs précieuses feuilles (Euphorbia millii)

Ce sont surtout des plantes épineuses contenant du latex qui résistent bien aux températures chaudes et sèches.(Euphorbia viguieri)

Et souvent aussi les plantes ne possèdent pas ou des feuilles très réduite on l'appelle l'Euphorbe crayon (Euphorbia tirucalli)

C'est un vrai calvaire que de traverser cette région sèche et tout naturellement on y trouve l'épine du Christ (Cette Euphorbe comme beaucoup d'entre-elles possède une sève irritante pour la peau).

Les plantes ont un pouvoir d'adaptation peu ordinaire et peuvent s'acclimater souvent dans des niches écologiques très particulières.

Si vous regardez bien au pied de l'Euphorbe de gauche se trouve une fleur qui se multiplie de façon exponentielle à Madagascar, il s'agit de la pervenche de Madagascar (Cantharantus roseus) dont il existe plusieurs variétés roses ou blanches. C'est une plante endémique de Madagascar et elle peut être dangereuse car elle est hallucinogène et je peux vous garantir que lorsqu'un de mes lapins en consomme, il se met à tourner dans son clapier en se cognant dans les parois jusqu'à épuisement. Les jeunes lapins sevrés meurent le plus souvent mais les adultes peuvent s'en tirer car lorsque je constate qu'ils commencent à courir comme des fous je les met dehors afin qu'ils ne se cognent pas dans les parois. Cette plante a des vertus thérapeutiques et des molécules qu'elle contient sont utilisés dans le traitement chimio-thérapeutique de nombreux cancers. 

Et dans certaines régions du sud de Madagascar on trouve tout naturellement les Raketa mena (Opuntia stricta) sortes de figues de Barbarie qui ont envahi le paysage et les habitants se rabattent sur les fruits rouges de ce cactus qui assèche les terres cultivables.

 

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En route vers d'autres cieux.

10 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Départ de Nosy-Be J’ai laissé à regret derrière moi l’île de Nosy bé ce matin à bord d’un hors bord ultra rapide pour ce pays où les bateaux poussifs crachant des nuages bleus tacataquent à travers les bouts de mer pour joindre les petites îles.
A présent j’attends patiemment le taxi-brousse qui doit me ramener vers Diego. Tout ce que je connais de ce moyen de locomotion, c’est la somme acquittée quelques jours plus tôt y compris le voyage aller-retour en mer de ce qu’ils appellent le « Diego Direct ». 
Pour le reste, rien n’est prévisible, ni l’heure ni la référence des véhicules. Seul le hasard régit de manière aléatoire mes aventures.

A côté de moi un couple de malgaches vient d’acheter un ananas dans une des nombreuses gargotes dont les propriétaires se contentent pour certains d’étaler leur marchandise sur une toile à même le sol. 
Sans me connaître, le couple coupe l’ananas en trois morceaux et veut m’en offrir un tiers. malheureusement, avec les repas pantagruéliques que je me suis offert dans la jungle, je suis dans l’incapacité d’avaler quoi que ce soit et je les remercie vivement en leur racontant ce que j’avais déjà ingéré le jour même ainsi que mes impressions concernant Madagascar. 
Diego Suarez avec ses nuits chaudes et moites, ses environs avec de belles plages, ses montagnes à l’horizon, c’est fini. Vers treize heures je reprends l’avion pour la capitale avant que mon aventure me guide vers d’autres cieux. 
Et me voici donc quelques jours plus tard assis au fond d'un Taxi-brousse, ballotté de gauche à droite au gré des virages et je peux admirer au loin à l’horizon des Hautes terres le soleil qui embrase le ciel de ce jour naissant. Les nuages semblent fuir ce brasier, prélude à une chaude journée tropicale.

Le véhicule avance par phases synchronisées avec les moments d’endormissement du chauffeur qui a roulé toute la nuit et à qui une pause serait salutaire. J’hésite à demander d’arrêter ce véhicule car nous ne sommes plus qu’à quelques dizaines de kilomètres de notre destination et comme les trois quarts des passagers dorment du sommeil des innocents sans se rendre compte du danger que représentent les pentes abruptes qui bordent la route et qu’un virage manqué nous ferait dévaler, je préfère remettre ma vie aux mains du destin. Jusqu’à présent ma bonne étoile m’a toujours protégé et je ne serais certainement pas en train de raconter mes aventures et mésaventures si cette fois encore cela n'avait pas été le cas. 


 

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 Forêt de Lokobe un univers vert et mystérieux

9 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Après un déplacement de sept Km en pirogue en zigzaguant entre les palétuviers, descendant parfois de la pirogue pour la pousser car elle touchait le fond de la mer, nous atteignons un bout de la forêt primaire de Lokobé qui offre une palette faunistique et floristique peu commune pour moi. 
Nous nous enfonçons dans les bois où les racines traçantes de certains arbres vénérables sont noueux et forment parfois des pièges si on ne regarde pas où on met les pieds. 
Des boas respectables, des oiseaux de paradis, des geckos, des lézards jusqu’à cinq fois plus grands que chez nous, enfin bref, à chaque pas mon regard est accroché par l’inhabituel. 
Même ce champignon blanc dans toutes ses parties, géant de la taille de nos plus gros cèpes avec une surface du chapeau glacée et brillante. Je ne saurais même pas dans quelle famille le ranger car s’il a un peu la stature d’un champignon qui lui ressemblait en France et qu'on appelait la petite prune du meunier qui est un excellent comestible. Sauf que ce champignon découvert dans cette forêt était dix fois plus grand et je n'ai pas eu le temps de l'étudier de plus près car ici les guides sont payés pour guider, pas pour s'arrêter en chemin et musarder.
La visite a vraiment été trop courte et je me suis juré que je referai des prospections plus longues mais sans guide dans des forêts semblables car les guides font ce parcours au pas de course. 
Le déjeuner pris dans une case en bordure de forêt avec du poisson frais cuisiné sur la braise était simplement délicieux et la sauce coco dans laquelle nageaient des morceaux de crabes était savoureuse à souhaits.

On pénètre dans un univers vert et mystérieux qui nous réserve bien des surprises.

Impossible de déterminer toutes ces espèces végétale de cet écrin de verdure sans avoir du temps devant soi. Mais une visite guidée est... une visite guidée.

Il ne faut pas non plus se balader dans cet environnement avec le nez en l'air car des obstacles comme des racines ou autres peuvent créer une chute.

Bien entendu les lémuriens, animaux emblématiques de Madagascar, sont présents dans cette forêt.

Et en levant les yeux il n'est pas rare d'apercevoir un tchitrec malgache(Terpsiphone mutata) 

Puis un peu plus bas en baissant les yeux on peut apercevoir un serpent de plus de deux mètres de long qui disparaît dans la végétation dès qu'on s'approche de lui.

Et que dire de plus de ce champignon spectaculaire dont le chapeau avait un diamètre de plus de vingt centimètres avec une cuticule du chapeau lisse glacée et brillante et des lames et lamellules qui laissaient deviner peut-être une sporée rose clair?

De retour de la forêt il était près de midi et nous avons croisé un pêcheur qui revenait avec des belles prises.

Quelques minutes plus tard une bonne odeur de poisson grillé se faisait sentir.

Et naturellement comme il était midi, quoi de meilleur que du poisson grillé sur les braises, garni de citron vert, agrémenté d'une sauce coco dans laquelle nageaient de beaux morceaux de crabe et du riz au curcuma. Un repas de fête dans un coin perdu de la forêt de Lokobe que je ne suis pas prêt d'oublier.

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Nosy-be l'île aux parfums

8 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

A Nosy-be, dans la campagne il n’y a pas d’électricité mais l’hôtel possède son groupe électrogène et pour ce qui est de l’eau chaude, il ne faut pas rêver. Malgré la chaleur, mon corps subit un choc thermique à chaque fois que je veux me doucher. Mais il faut dire qu’il n’y a rien de tel qu’une bonne douche froide pour me sortir de la léthargie dans laquelle me plonge la température chaude et humide du bord de mer.

Au restaurant de la plage le contenu d’une assiette posée sur le comptoir attire mon attention car on dirait à s’y méprendre nos chères cornes d'abondance séchées (Craterellus cornucopioïdes)
A ma question, la patronne des lieux me dit que ce sont des fleurs d’Ylang ylang (Cananga odorata) dont les arbres sont cultivés à grande échelle. L'essence de ces fleurs est utilisée en parfumerie (huile de Madagascar). Ces arbres qu’on étête pour faciliter la récolte des fleurs sont les lieux de prédilection des caméléons qui se nourrissent des nombreux insectes qui viennent certainement pour la pollinisation de ces fleurs odorantes d’une couleur jaune pâle en forme d’étoile. Renseignement pris, un pied de cet arbre âgé de dix ans peut fournir jusqu’à quinze Kg de fleurs. Il en faut plusieurs centaines de Kg pour obtenir par distillation un litre d’huile essentielle de qualité olfactive variable, de l’essence super-extra à l’essence de qualité. Toujours selon le guide évasion de Madagascar, l’Ylang Ylang offre une fragrance d’une puissante suavité qui confère de l’amplitude, du volume et du montant à certaines compositions lentes à s’épanouir… tout un poème là encore, et c’est à mon avis des commentaires qui n’ont rien à envier à ceux dont on qualifie certains de nos vins en France, même si nous ne ressentons pas toutes ces impressions avec les mêmes sens.

Cap sur l'île de Nosy-be

Fleurs d'Ylan ylang 

Plantation d'Ylang ylang à Nosy-be

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La course folle vers l'embarcadère

7 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

Naturellement il fallait rattraper le temps perdu et sur la route, le chauffard commence à oublier les règles élémentaires de sécurité et traverse les villes et villages à l’allure des participants du Paris-Dakar.

Un peu plus tard, le chauffard risque d'écraser un enfant qui joue près de la route, puis il tente de doubler en sommet de côte alors qu’un véhicule vient en sens inverse . Il faut dire que les accidents de la route ne manquent pas avec des véhicules vétustes dont les freins sont défaillants. C'est à ce moment là que l’un des passagers a finalement réagit en menaçant le chauffeur de porter plainte, à la gendarmerie dont les barrages sont fréquents sur la route. J’ai enfin compris à quoi pouvaient servir ces checkpoints avec des herses sur la route. A chaque arrêt une conversation s’engage entre le chauffeur et les gendarmes en armes puis nous repartons sans encombre après que le chauffeur ait offert un journal dans lequel est glissé un koli koli (pot de vin).

Au début de notre voyage, la route est dans un état satisfaisant si on fait abstraction des quelques nids-de-poule entre lesquels notre pilote de course slalome. Mais à une vingtaine de Km de notre lieu d’embarquement en traversant une forêt de cocotiers, caféiers et de nombreux autres arbres qui me sont encore inconnus, la route devient impraticable car elle est totalement défoncée et se trouve être la cause de secousses qui vous envoient avec la tête dans le plafond à chaque chaos. Le chauffeur tente bien que mal d'éviter les nombreux trous en nous envoyant brinquebaler de gauche à droite. Il faut bien se tenir et en même temps surélever ses fesses pour amortir le prochain chaos.

Enfin en deux mots une vraie partie de plaisir pour laquelle il fallait payer. J’ai bien vu de nombreux champignons sur des troncs tombés mais il m’était impossible de retarder le voyage car le bateau nous attendait pour nous emmener au terme du voyage.

Par contre, les paysages traversés sont simplement sublimes, comme ceux qu’on voit dans les films : des rivières tumultueuses, des montagnes ou tsingy qui sont des zones de reliefs karstiques hérissés d’aiguilles calcaires et des forêts avec des essences vraiment inhabituelles pour moi. C’est un pays à mille facettes. 

Voici le genre d'accidents avec des freins défaillants et qui ne sont pas rares à Madagascar.
 

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Départ vers l’île paradisiaque de Nosy-Be 

6 Septembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON

C’est une île qui n'est pas très grande car on peut facilement la traverser dans un sens ou dans un autre dans une seule journée s'il n'y a pas d'obstacles. Elle est entourée d'une mer avec de belles plages. 
Bien sûr c’est un des endroits les plus prisés et parmi les plus cher de Madagascar, un peu comme notre côte d’Azur en France. Sauf que cette île possède encore une forêt primaire, (ou presque primaire) et de belles opportunités de découvertes.. 
Donc le taxi-brousse se pointe dès quatre heures du matin avec une bonne heure d’avance et cinq minutes plus tard il est bondé avec une vingtaine de passagers pour une camionnette limitée à onze places en France. Les amortisseurs ne sont pas une nécessité dans ce pays où de toute façon il faudrait les changer chaque mois à cause de l'état déplorable des voies de circulation. 
Les bagages bien arrimés à l’aide de cordages sur le toit du véhicule et serrés comme des harengs dans une boîte à sardines, nous voilà en route vers l’embarcadère où nous serons pris en charge par un bateau. 
Le véhicule vétuste file à une allure guère rassurante puis s'arrête à la première station service, et là, il faut près d’une demi-heure non pas seulement pour faire le plein mais le chauffeur palabre longuement avec un individu en tee-shirt rouge jusqu’àu moment où cet individu ouvre la porte coulissante latérale de la camionnette et se coince tant bien que mal sur la banquette près de trois passagers qui étaient déjà à l’étroit, ce qui a occasionné une autre discussion entre le chauffeur et les passagers de la banquette qui n’étaient pas très heureux de devoir serrer leur fesses. Mais c'est çà aussi l'aventure.
Demain je vous conterai la suite du voyage qui n'est pas de tout repos...


 

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