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Le paradis à Madagascar

Les lavandières de Madagascar.

18 Mai 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

A une centaine de mètre de là où je réside, après de fortes pluies un lac d’une longueur de quelques centaines de mètres se forme et c’est le moment de l’année où les femmes viennent y laver linge, vaisselle et même se baigner tous les matins car ici, très peu de personne ont l’eau courante.

Si le mot lavandières sert souvent à désigner les femmes lavant le linge au bord de l’eau ou dans une fontaine publique comme c’était le cas en France dans la première partie du XXème siècle, C’était ne pas connaître la définition du mot lavandière car est lavandière généralement celle qui lave le linge des autres alors qu’ici à Madagascar on lave son linge en famille.

Ici dans la brousse ce sont les femmes qui viennent au bord de l’eau le matin avec une bassine en plastique placée sur la tête, le petit sachet en plastique de lessive dans l’autre main, et après avoir marché dans l’eau pour s’habituer à la température de l’eau, elle se lave le visage, puis les bras avant de soulever leur lambahoany (prononcé lambaoane) elle trempent leurs fesses dans l’eau pour laver cette partie de leur corps aussi. Puis elles se dirigent vers leur bassine et en sortent leur linge avant de remplir leur bassine d’eau puis elles commencent à laver leur linge dans la bassine en frottant énergiquement.

Pour ces femmes, c’est le moment de la journée où elles se retrouvent pour papoter, se raconter leurs petits secrets ou encore rire quand l’une ou l’autre raconte une chose amusante. Bien entendu tout en ayant ces activités elles doivent aussi s’occuper de leurs enfants qui eux aussi aiment barboter dans l’eau. Ces scènes font partie intégrante du paysage des la brousse de Madagascar.

Je me souviens du petit village de l’Est de la France au milieu duquel une fontaine-lavoir accueillait tous les jours le bétail qui venait s’abreuver puis à l’intérieur il y avait plusieurs bassins pour y laver son linge. Ce lavoir était alimenté en eau par une source d’origine naturelle. Cette eau était si limpide qu’il m’est arrivé souvent d’en boire directement au tuyau qui sortait de la bouche d’une figure de diable.

Ce lavoir du village était le symbole de plusieurs générations qui nous avaient précédés et quand le village a été raccordé au réseau d’eau et que tous les foyers étaient alimentés en eau, ce vieux lavoir qui ne servait plus a été démoli. C’est un peu comme si on voulait effacer une partie de la vie du village avant la modernisation qui a contraint les ménagères à rester chez elles en tournant le bouton de leur machine à laver électrique. C’est à cette période qu’à commencé la course à l’échalote, à celui qui pourrait se payer le plus de luxe, à celui ou celle qui aurait la plus grosse, la plus belle, la plus chère de tout ce que l’industrialisation pouvait apporter et qui a fini par faire endosser un gilet jaune à pas mal de retraitées et autres chômeurs, ainsi qu’à des mécontents de la vie qui pourtant ont retrouvé un peu de joie à pouvoir ensemble de nouveau déguster des saucisses grillées sur un rond-point devant un feu qui consumait du bois de palettes en riant et en blaguant. Puis un minuscule  intrus invisible à l’œil nu est venu définitivement enfermer les gens chez eux et à leur offrir de vieux films à la télé pour les dérider et tromper l’ennui pendant que la machine à laver lavait, essorait et séchait également le linge de la famille. Le malaise d’une grande partie du monde a débuté avec l’après-modernisme.

Heureusement, ici à Madagascar on sait encore vivre simplement et rire chaque jour car, qui est pauvre n’est pas pour autant malheureux.

Images prises en ce mois de mai entre la cote Est de Madagascar bordée par l'océan Indien et le canal des Pangalanes.

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Jean-Pierre 18/05/2021 22:03

Comme toujours, je me régale de tes articles, merci Gaston.

Par ailleurs, le tam tam de la brousse malgache m' a informé que Tropicalex a été banni d'Expat pour 15 jours. Un peu de vacances, selon Lys.

Veloma et soigne-bien les lapines.
JP

MADAGASTON 19/05/2021 02:52

Bonjour Jean-Pierre et merci d'apprécier mes articles qui rythment ma vie selon les infos ou les pensées qui me traversent l'esprit. En ce qui concerne Tropic Alex, je trouve que c'est une personne qui se donne plus d'importance qu'elle en a réellement, mais je ne pense pas que ce bannissement temporaire lui soit salutaire car je le plains et il ne dois pas être vraiment heureux pour se défouler de la sorte en méprisant les autres.
Quant à tes lapines, elles se portent comme un charme et attendent ton retour sur la Grande Ile.