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Le paradis à Madagascar

Randonnée dans la brousse de la côte-Est de Madagascar

17 Avril 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Hier, comme il faisait relativement beau après de nombreuses journées de pluie, je me suis dit que ce serait le temps idéal pour me déconfiner et sortir des sentiers battus.

 Je me suis donc engagé sur un sentier de sable blanc qui serpentait entre les broussailles de Psidium, d’anacardiers et autres espèces d’Eucalyptus. Parfois c’était la bruyère qui prenait le dessus et dans d’autres endroits c’était des fougères et notamment la fougère aigles qui est un indicateur de sol acide et pauvre ou la végétation a du mal à s’implanter si elle n’est pas acidophile.

Puis au détour du sentier j’ai longé une ancienne plantation d’ananas. Il est probable que dans le passé une case était implantée à cet endroit car en général il est extrêmement rare de voir des plantations loin des habitations de peur que les produits de la culture ne soient dérobés avant même qu’ils soient totalement mûrs.

Un peu plus loin une dépression avec un sol alluvionnaire permet à la végétation de former un écrin de verdure.

 

 

  

Cette dépression annonce le lit du canal des Pangalanes qui s’étire le long de la côte-Est sur près de 600 km mais dont une bonne partie est obstruée par les jacinthes d’eau qui empêchent la navigation ou encore des dépôts de sables qui ne permettent pas aux gros bateaux de transiter. La végétation y est  si dense par endroit qu’il est difficile de s’y frayer un chemin. Puis en regardant bien on peut découvrir une jeune pousse de Bois de rose (palissandre) ou encore d’être surpris par un vieil anacardier tortueux qui cherche désespérément la lumière pour étaler ses branches.

Parfois le sentier se rétrécie puis une trouée permet de d’avancer un peu plus facilement. Je poursuis mon chemin en me demandant ce que sera ma prochaine découverte.

Un papillon qui virevolte et se pose alternativement sur une fleur puis une autre attire l’attention.

 

Ce sont des Pervenches de Madagascar qui étaient son centre d’intérêt, une plante endémique qui naturellement a été exportée dans d’autres régions du monde car cette plante se reproduit très facilement sous les tropiques. Puis il y a cette autre plante qui forme des lianes et qui possède des tubercules ( Dioscorea bulbifera ).

Dianella ensifolia avec ses baies d’un beau bleu est actuellement en fruits et quelques fleurs de Psidium montrent le bout de leurs pétales. Puis en poussant plus loin les investigations, on se retrouve au bord d’un plan d’eau ferrugineuse où une grenouille effrayé cherche à disparaitre.

La nature est si diversifiée pour celui qui y est sensible et qui peut ainsi essayer de comprendre qu’il faut protéger ces endroits en ne laissant derrière lui que la trace de ses pas. En effet peu d’endroits au monde sont encore vierges et si ces endroits ne présentent pas d’intérêts pour les

hommes, il n’en est pas de même pour d’autres espèces du vivant dont l’homme n’est qu’un maillon. Et j’irai même jusqu’à prétendre que l’homme décidément a prouvé qu’il était le maillon faible du vivant car il a fait tout son possible pour dégrader, exterminer et  polluer la planète qui pourtant ne lui appartient pas car il n’est qu’un locataire de l’endroit où il vit.

La nature lui a tout donné pour lui rendre la vie plus agréable et quel a été le remerciement ? On ne peut espérer que l’homme se réveillera un jour et qu’il se rendra compte qu’il a emprunté le mauvais chemin en adorant le dieu argent et profit au détriment de la nature qui de toute façon lui survivra car l’homme aura causé sa perte en dégradant le trésor qui lui était offert. 

De nombreuses fleurs de nymphéas et des scirpes garnissent une partie de cette zone. Heureusement j’avais prévu de chausser mes bottes et j’ai pu ainsi longer le bord et je suis tombé sur un coin où nageaient des sphaignes, ce qui permet de me dire qu’un début de tourbière est en train de se former.

En se tournant vers la gauche, une barrière d’oreilles d’éléphant est plantée comme à la parade.

Les niaoulis, ces arbres qui bordent généralement les cours d’eau ou les lacs sont en fleurs. Et non loin un zébu est attaché avec une corde à la patte et me regarde d’un air de se dire que je ne fais pas partie de son monde.                                                                                                                                                                   

 Puis continuant le sentier on arrive près du canal des Pangalanes.     

Une pirogue attend son propriétaire, prête à se frayer un chemin à travers les scirpes et les joncs pour rejoindre les eaux plus profondes du canal. Un peu plus loin d’autres pirogues sont elles aussi tirées sur le bord car c’est très tôt le matin que les pêcheurs vont à la pêche et la journée leur femmes se rendent au marché local

pour vendre ce que leur mari aura réussi à ramener dans ses filets. parfois il faut patienter pendant des heures pour vendre le produit de sa pêche car la plupart des hommes valides ont comme gagne-vie la pêche que ce soit sur l'océan fougueux ou sur la calme canal des Pangalanes ainsi que les différents lacs et bras qui composent le canal.

Cheminant à travers cette végétation on peut croiser un éleveur qui amène son zébu à la pâture. Et passant sous un oranger on constate que de nombreux agrumes tombés à terre et qui pourrissent.

Après un dernier regard sur le canal des Pangalanes qui dort au milieu de cette végétation, il n’y a plus qu’à rebrousser chemin. Et arrivé un peu plus haut, on distingue tout au bout du canal l’endroit où le canal des Pangalanes est relié à l’océan Indien avec le pont qui l’enjambe et qui sépare la ville de la brousse de Madagascar ainsi que la fin de la route goudronnée vers le sud.

C’est dans cette ville de Mahanoro que partent de nombreux bateaux chargés d’approvisionner les villes et villages qui bordent la côte-Est et qui tacataquent à longueur de journée sur le canal.

Vue du canal des Pangalanes au coucher du soleil.

 

 

 

              

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mansencal 17/04/2021 10:40

Bonjour Gaston

Remarquable cette visite en brousse et le long du canal ; une végétation si riche , la vie qui grouille partout . merci de nous avoir fait partager votre promenade en brousse .
cordialement pascal

MADAGASTON 17/04/2021 13:51

Bonjour,
En effet la pervenche de Madagascar se conjugue en différentes formes ici et je suis obligé de l'arracher afin qu'elle ne se propage pas parmi les herbes que je donne aux lapins car selon des recherches qui ont été faites, on peut lire ceci: " Après des travaux canadiens en 1920, c’est en 1957 que Noble (Canada) et Svoboda (États-Unis) ont mis en évidence l’effet anti-leucémique des extraits de pervenche. En effet, ils en ont injecté des extraits à des lapins diabétiques dans l’intention de traiter leur maladie. De façon inattendue, ces animaux mouraient d’une infection grave favorisée par une diminution massive des globules blancs. Or dans les cancers, particulièrement les leucémies, on observe une très forte augmentation du nombre de globules blancs. Et un moyen de lutte est d’agir sur la prolifération de ces cellules. Il semblait donc intéressant d’étudier l’action antitumorale des substances issues de la pervenche. "
Pour ma part j'ai observé des comportement très bizarres chez certains lapins qui auraient peut-être ingéré avec l'herbe des feuilles de pervenche car ces lapins devenaient comme fous et couraient dans tous les sens en se cognant dans les murs jusqu'à ce qu'il tombent et meurent. Je pense que si la pervenche de Madagascar a des vertus comme plante médicinale, sachant que tous les médicaments peuvent présenter un effet pervers suivant le dosage, il se peut qu'elle devienne toxique si on dépasse la dose. Par contre cette plante n'est pas du tout en danger de disparition car elle peut très bien se contenter d'un sol très pauvre pour se multiplier de façon exponentielle ici sur la côte-Est de Madagascar.

Rotsaka 17/04/2021 10:03

Bonjour
Quelle beauté, quelle nature et quel plaisir de cheminer avec vous sur les traces du canal des Pangalanes. De Mahanoro à Manakara il est bien dégagé et un véritable bonheur à emprunter au son des tacatacatac que vous mentionnez avec à propos.
Les photos sont belles et la végétation si riche. La pervenche, ce serait ce pas celle qu'on utilise par chez nous pour certains traitements du cancer ?