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Le paradis à Madagascar

Madagascar et ses paradoxes.

22 Avril 2021 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

Il y a maintenant près de quinze ans quand je suis arrivé à Madagascar, comme de nombreux touristes j’ai loué une chambre dans un hôtel. Je me souviens que cela me revenait à environs 200€ par mois pour une chambre. Bien entendu ce n’est pas cher comparé à la France, mais en quinze ans ces tarifs ont certainement évolués également. Et naturellement j’étais obligé de manger tous les jours dans un restaurant à  cette époque. Sachant qu’il n’est pas convenable pour un client d’aller inspecter les cuisines et ce qu’il y a réellement dans la composition des menus avant de passer commande, je me suis demandé s’il n’était pas plus intéressant pour moi de louer une chambre avec salle de bain attenante chez un privé.

J’ai donc consulté plusieurs agences immobilières mais aucune ne proposait vraiment ce que je cherchais. Puis un jour, passant devant un immeuble non loin de l’ambassade de France je vois une pancarte où était écrit maladroitement à la peinture bleue « AGENCE IMMOBILIERE MENDRIKA ».

Comme les portes étaient ouvertes j’ai risqué un œil à l’intérieur et j’ai constaté que l’agence comportait une petite pièce de trois mètres sur trois avec un bureau branlant et un banc collé contre un mur sur lequel étaient assis plusieurs personnes.

Bien entendu quand on voit un visage pâle à Madagascar cela correspond à un portefeuille bien garni sur pattes. Celle qui semblait être la directrice de cette agence s’est levé de sa chaise vétuste et tout de suite s’adressa à moi avec un grand sourire, laissant sa discussion avec les autres personnes en suspend.

Je lui expliquais donc ce que je désirais et elle me dit tout de suite qu’il n’y aurait aucun problème et qu’elle ferait tout pour que je trouve ce que je cherche. Elle me dit aussi que chaque visite me couterait la somme de 1,11€ sans les frais de transport. Comme j’avais acheté à l’époque un scooter 125 cm3, elle accepta de m’accompagner par ce mode de locomotion bien plus pratique qu’un taxi qui aurait eu du mal à se déplacer dans les embouteillages constants de la capitale.

Nous avons donc visité non loin du centre-ville plusieurs appartements, mais aucun ne correspondait à ce que je voulais car soit c’était délabré, soit il n’y passait pas un seul rayon de soleil car c’était entouré d’autres immeubles.

Puis voyant que rien ne convenait à ce que je désirais, elle me proposa un studio un peu à l’écart du centre ville sur la route qui mène à l’aéroport International. Nous avons donc pris rendez-vous avec la propriétaire de la maison qui était inspecteur du travail et son mari qui était ethnologue au Centre National de Recherche de l’Environnement.

Nous sommes entré dans la maison qui était entouré d’un mur en briques de deux mètres de haut avec du fil de fer barbelé au-dessus, ce qui me paraissait déjà une mesure de sécurité qui me convenait. Puis on me présenta la pièce avec une salle d’eau attenante. La pièce était grande, propre éclairée par des fenêtres sur trois côtés et ces fenêtres comportaient une protection en fer forgé ce qui était une protection supplémentaire.

Le seul inconvénient c’est que la salle de bain n’avait pas d’eau chaude. Mais la propriétaire me dit tout de suite que cela ne poserai pas de problèmes si je payais un ballon d’eau chaude elle serait d’accord pour l’installer et que naturellement je ne payerai pas de loyer jusqu’à ce que le ballon d’eau chaude me soit remboursé.

Je n’en espérais pas tant et nous avons donc signé un contrat de bail en bonne et dû forme.

Les propriétaires vivaient à l’étage au-dessus et nous sommes devenus assez rapidement de bons amis car c’était des gens charmants avec quatre enfants très bien éduqués et une jeune femme de ménage qui veillait sur la maison et faisait les travaux ménagers en l’absence de la famille.

Au bout d’un certain temps, j’ai compris qu’ils ont loué la partie où j’ai résidé afin de pouvoir payer un étage supplémentaire à leur maison car les trois filles ainsi que la femme de ménage étaient dans l’obligation de dormir dans une seule petite chambre et le garçon dormait sur le canapé installé dans la cuisine qui comportait également un escalier en colimaçon pour monter à l’étage.

Je me sentais vraiment à l’aise chez cette famille et naturellement je n’ai fais aucune objection à ce que le montant de la location soit augmentée chaque année car le loyer me revenait à moins de 50€ par mois. Bien entendu la facture d’eau et d’électricité était en plus car ils avaient pris la précaution d’installer deux compteurs électriques et nous partagions la facture d’eau qui était minime.

Bien entendu j’ai beaucoup voyagé à l’époque car je voulais connaître les autres régions de Madagascar et naturellement à l’époque je ne possédais pas encore de visa permanent et j’étais obligé de rentrer en France tous les trois mois. Car il me fallait aussi vendre tout ce que je possédait en France pour me sentir vraiment libre et de ne plus avoir un boulet à trainer derrière moi et des impôts fonciers à régler chaque année.

Puis un jour j’ai eu un coup de cœur pour une région de la côte-Est de Madagascar où j’ai commencé à construire un abri puis une maison et j’espaçais de plus en plus mes visites dans la capitale. Quand ma maison fut achevée, et naturellement l’étage des propriétaires dans la capitale terminé également, je me suis dit qu’il était temps de rendre le studio que j’avais loué mais j’ai décidé de mon plein gré de payer encore trois mois de loyer afin que les propriétaires puissent chercher un autre locataire s’ils le désiraient. Mais comme l’agrandissement de leur maison a été finalisé également, ils n’ont pas jugé nécessaire de relouer mon studio qui a été occupé par leur fils. Ils m’ont gentiment invité à leur table encore avant que je parte définitivement m’installer sur la côte-Est.

En conséquence, je me suis dit qu’il ne fallait pas juger de l’aspect d’une agence immobilière pour trouver ce qu’on cherche car comme aurait dit un certain Plutarque, « Barba non facit philosophum » ( la barbe ne fait pas le philosophe ).

 

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Commenter cet article

jean- pierre 22/04/2021 05:11

Super article.