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Le paradis à Madagascar

Contribution à la connaissance d'un certain mode de vie à Madagascar

8 Novembre 2020 , Rédigé par MADAGASTON Publié dans #LA VIE A MADAGASCAR

La SPA et les Associations des droits de l’homme auraient vraiment beaucoup de travail ici où les hommes n’ont parfois rien à envier aux bêtes qui elles au moins sont parfois plus avantagées pour trouver de la nourriture. Les poulets se nourrissent souvent d’insectes, un peu de végétation et autres immondices rejetés par les hommes. En ajoutant à cela que dans certaines ethnies la viande de porc est fady (interdite) et chez d’autres c’est la viande de chèvre qui est impure, donc interdite à la consommation. Les interdits populaires (fady) et les coutumes locales sont bien enracinés sur l’Île rouge couleur de la latérite qui forme son sous-sol. Parfois les membres d’une ethnie économisent pendant de longs mois, voire des années pour être en mesure d’honorer leurs morts. On ouvre les tombeaux et on enveloppe les corps ou plutôt de ce qu’il en reste dans un nouveau tissu et tout cela dans une ambiance de fête où on sacrifie les zébus qui sont réservés souvent pour ces grandes occasions. Ainsi lorsqu’il est question de circoncision, on rassemble toute la famille et les parents ayant des garçons en âge de passer ce cap et qui payent les zébus et les boissons qui vont nourrir toute la famille pendant ces jours de fête. Il faut dire que le peuple malgache est très solidaire et partagerait son dernier grain de riz avec une personne moins fortunée. C’est un peuple qui se serre les coudes et là où on s’en rend compte physiquement et de façon spectaculaire c’est dans les taxis-bé (grands taxis), genre de mini-bus qui sillonnent les grandes villes : 1200 taxis-bé dans la capitale qui devient de la sorte une des villes les plus polluée au monde car ces véhicules souvent très vieux ne sont soumis à aucun contrôle antipollution. Ces véhicules sont limités à une dizaine de personnes en Europe et peuvent légalement charger entre vingt et trente personnes assises au coude à coude et parfois en serrant les fesses pour tenir sur des sièges minuscules. Il faut dire que les malgaches en général ne sont pas très grands comparés aux peuples occidentaux et comme leur nourriture qui pour la plupart du temps se compose de deux ou trois bols de riz par jour laisse peu de place à un excédent de lipides dans le corps. Pourtant certaines régions de l’île seraient favorables à une culture très variée de fruits et légumes ainsi qu’à un élevage très diversifié, mais faute à un enseignement basé principalement sur la religion et les croyances d’une autre époque ayant pour résultat un obscurantisme certain. Le malgache compte plus sur un éventuel miracle de Dieu que sur lui-même pour survivre. Les missionnaires de tout poil étant les principaux acteurs de cet état de choses. Bien sûr sans eux, l’illettrisme serait supérieur à ce qu’il est, mais ce n’est pas en sachant lire et écrire à Madagascar qu’on remplit son assiette de riz. De toute façon même les personnes ayant suivies leurs études supérieures ont beaucoup de peine à trouver du travail et quand ils en trouvent, ce travail est si mal rétribué qu’il est illusoire de vouloir créer une famille sereine sans problèmes d’argent. Ainsi on peut voir à longueur de journée des hommes valides de tout âge assis le long des routes dans la capitale en attendant que le travail tombe du ciel. Donc si vous allez faire vos emplettes, on viendra vous demander de porter vos courses, on vous demandera de nettoyer ou de garder votre véhicule, on vous proposera d’acheter des babioles qui vont d’une tapette de mouches à des serviettes de bain ou encore des antennes de télévision sans compter d’innombrables articles qui se marchandent parfois à dix pour cent de la valeur annoncée et si vous n’êtes toujours pas décidé à acheter ce dont vous n’avez pas besoin, on vous demandera : « combien vous donne ? ». Dès leur plus jeune âge, on apprend à certains enfants déshérités cette phrase en français : « Monsieur, donne-moi l’argent ». Les parents installent parfois leur bébé qui ne sait pas encore marcher sur un trottoir de la capitale avec un petit pot devant lui pour collecter des « madinka » (menue monnaie). Bien sûr le premier mai, fête du travail peut durer plusieurs mois à Madagascar pour certains qui se complaisent dans cette misère. Il est parfois très difficile pour les occidentaux de faire la part des choses entre le besoin de secourir son prochain sans encourager la mendicité. Dans une petite agglomération de l’Est du pays en bordure de mer où affluent les citadins le week-end, certains indigènes se sont spécialisés dans la confection de colliers et de bracelets avec différentes graines séchées et colorées. On peut y trouver des graines de plantes des tropiques et il faut avouer que le résultat est parfois très décoratif. D’autres confectionnent des sacs à main où des chapeaux avec des feuilles séchées de bananiers ou avec des fibres végétales qui apportent au produit terminé un effet naturel sans pareil. Même les enfants vendent déjà ces « souvenirs » aux touristes. Le bord de mer est constamment le théâtre de rassemblements quand les pêcheurs tirent leurs filets sur la plage de sable fin. Bien souvent il n’y a que du menu fretin qu’on fait griller tel quel après un lavage sommaire dans l’eau douce. Parfois pourtant de jeunes thons se laissent prendre dans les filets et ils sont plutôt réservés à la vente sur le marché local ou directement aux restaurants. Pourtant c’est la pêche au harpon près de la barrière de corail qui est la plus bénéfique avec de beaux poissons qui sont pour la plupart réservés aux nombreux hôtels restaurants qui sont des clients privilégiés. Quelques pêcheurs pêchent également des langoustes mais elles n’ont pas vraiment le temps de se développer car aucune mesure de protection sérieuse pour la faune sous marine n’est envisagée et des bateaux étrangers viennent jusque près des côtes pour draguer le fond marin et tant pis pour la barrière de corail qui s’étend sur plusieurs centaines de km le long de la côte-Est. La musique joue un grand rôle dans toutes les régions de la Grande Île. Elle est très rythmée et rares sont les jeunes des villes qui ne connaissent pas les nombreux chanteurs qui remplissent des stades quand ils viennent s’y produire. Non loin des routes malgaches, sur les hauteurs on peut distinguer maintenant d’affreux pylônes destinés aux communications des téléphones portables et si beaucoup de personnes n’ont pas encore de chaussures, un grand nombre surtout chez les jeunes possèdent pourtant un téléphone portable. Très peu peuvent se payer le crédit qui permet de passer des communications et ils se contentent d’interrompre la sonnerie à temps avant que l’autre puisse décrocher mais suffisamment pour afficher le numéro de l’appel manqué. Ici on appelle cela « biper » quelqu’un pour le prévenir qu’on veut lui parler à l’occasion. On peut ainsi inventer des codes si on bipe trois fois, c’est très urgent, si on bipe deux fois on se voit à l’occasion et si on bipe une fois c’est pour dire bonjour ou lui dire qu’on pense à lui. Il va sans dire que le plus beau cadeau qu’on peut faire à un malgache c’est lui offrir un téléphone portable. Souvent, si vous allez pour un petit dépannage dans un garage ou chez un des nombreux artisans qui ont « boutique sur rue », à la fin de l’intervention qui peut durer parfois plus d’une heure et quand arrive le moment de payer, on vous dit que vous pouvez donner ce que vous voulez. Quand je donne ainsi l'équivalent nos centimes européens rn cadeau, ces artisans se confondent en remerciements car le salaire de base de bien des malgaches est très bas, et tous n’ont pas la chance d’avoir un travail régulier. Il est évident qu’ici à part les fonctionnaires et quelques entreprises, les couvertures sociales sont inexistantes et si un artisan, un commerçant ou un travailleur de la terre doit faire un séjour à l’hôpital, tous les frais ainsi que la nourriture sont à sa charge. L’hygiène y est très déplorable si on n’a pas les moyens d’aller dans les rares centres médicaux privés réservés à une clientèle de luxe. Les malgaches ne sont pourtant pas dépourvus de tous moyens thérapeutiques car ils se transmettent de génération en génération les vertus de certaines plantes qui les aident tant bien que mal à enrayer biens des maux. On peut également concocter des produits de première nécessité comme le savon fabriqué avec l’aloès, une plante originaire du sud de l’île. Ici les machines électriques sont rares. Tout travail est exécuté à la main avec le coupe-coupe où avec une pelle dont la largeur dépasse à peine dix centimètres. Souvent le labourage des rizières se fait par piétinement des zébus. Le riz des montagnes dans l’Est du pays est planté directement sur le brulis des versants de colline. Dans le sud j’ai vu des panneaux le long de la route indiquant un reboisement mais les éleveurs préfèrent brûler ces plantations pour y faire paître leurs troupeaux de zébus qui peuvent parfois se compter par milliers dans les zones favorables à l’élevage. Les projets sont pour la plupart réduits à néant faute de suivi efficace. Ainsi les fonds de nombreuses ONG sont dilapidés dans des efforts vains ou encore sont détournés par des opportunistes malins. La corruption, malgré les efforts est très difficile à combattre dans un pays qui manque cruellement de personnes capables d’apporter des solutions efficaces. Le peuple malgache qui possède une espérance de vie très faible se compose en majorité de personnes mineures qui ne sont pas en mesure de voir plus loin que le contenu de leur bol de riz journalier. Les rares Don Quichottes qui se débattent contre des moulins à vent se heurtent souvent à des méthodes d’un autre temps. Parfois des personnes travaillent juste le temps de toucher leur salaire, puis elles arrêtent de travailler avant de vouloir reprendre leur travail quand elles ont dépensé leur salaire. Il existe encore de nos jours dans des régions boisées du sud ouest du pays une population mal connue, appelée les mikéas qui échappe aux recensements car elle vit en autarcie. D’autres regroupements de personnes vivent pauvrement en marge des riches éleveurs qui les considèrent comme les descendants des esclaves. L’occupation des sols se fait de façon anarchique dans les provinces loin des grandes agglomérations. Et bien souvent autour des grandes villes se serrent les uns contre les autres des baraquements faits de planches, de tôles et de tous matériaux pouvant offrir un abri sommaire. Il n’y a pas d’eau courante, ni évacuations des eaux usées dignes de ce nom. L’hygiène est un mot inconnu dans ces endroits où il faut parfois faire des centaines de mètres pour aller chercher de l’eau dans des seaux qui éclaboussent à chaque pas les pieds des enfants qui sont chargés de ces corvées. Certains d’entre eux n’ont jamais dormi sur un matelas et dorment souvent tout habillés à même le sol. La plupart du temps la promiscuité entre les parents et les enfants est telle que très tôt ces derniers sont parfaitement informés dans le domaine de la sexualité qui fait partie intégrante de la vie de tous les jours et s’en trouve ainsi banalisée. Souvent des jeunes filles ont déjà plusieurs enfants avant d’avoir atteint leur majorité. Parfois ce sont les grands parents qui gardent les enfants pendant que les parents de ces derniers commencent à travailler comme vendeuse de fruits, de légumes grappillés par ci par là. Souvent un simple bout de bâche en plastique posé sur le sol sert d’éventaire. Un tissu posé sur la tête les protège du soleil. Et quand un acheteur se présente il peut acheter un « tas » de fruits ou légumes. Pour la vente au poids, la marchande se rend en courant chez un commerçant plus aisé pour peser sa marchandise et elle va également acheter un sachet en plastique pour emballer sa vente. Tout ici est empirique à souhaits. On fait avec ce qu’on possède et personne ne s’en plaint. De toute façon ils possèdent la plus grande richesse du monde : du soleil dans le cœur. 

Les marchands de l'informel dans la capitale 

Marchands spécialisés dans la vente de légumes directement sur le trottoir

la vie paisible dans la brousse. 

Ce que ces enfants ignorent ne peut en aucun cas leur créer un manque.

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T
Bonjour Gaston,
Merci d'avoir pris le temps d'écrire ce long article. Certaines des choses que tu décris sont (hélas) visibles aussi ici au Maroc.
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